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Octobre pluvieux ? 1re partie

dimanche 20 septembre 2026, par sb

Résumé :
Dans cette première partie, les modèles saisonniers présentés ne sont pas à l’unisson.
Les températures seraient excédentaires dans tous les cas mais à des niveaux distincts.
Quant à la pluie, ces modèles soufflent le chaud et le froid (sans jeu de mot !)


Depuis quelques temps, plusieurs articles parlent d’une sécheresse qui prendrait fin en octobre [5]. En se conformant d’abord aux seuls modèles numériques saisonniers, puis en élargissant l’analyse avec des considérations physiques et subjectives (!), quel est l’état de la prévision pour le mois d’octobre [6] ?

C’est aussi et surtout l’occasion d’entr’ouvrir les portes de la prévision saisonnière et d’en vulgariser une approche, après « La prévision saisonnière ? Qu’es aco ? ».

Alors, octobre pluvieux, octobre heureux ?

La prévision météo saisonnière et sous-saisonnière est encore un domaine d’études et d’expérimentations. Certains prévisionnistes s’en sortent mieux que d’autres, les résultats sont surtout variables suivant les saisons et les années et s’écartent souvent peu du résultat d’une prévision établie sur la seule climatologie [7]. Toutefois, la règle de base est que les prévisions saisonnières sont des tendances à des échelles larges.

Ainsi, la divergence d’appréciations entre usagers et producteurs provient fréquemment de la lecture sur deux échelles distinctes : locale pour les usagers, régionale pour les producteurs. Voyons cela...


Que disent les modèles saisonniers ?

Le chemin le plus simple et accessible, mais aussi souvent le plus traître, est de consulter les modèles numériques. Leur lecture brute est relativement simple.
 On se rappellera que les vents?, près du sol comme en altitude, tourne autour d’un anticyclone dans le sens horaire, dans le sens anti-horaire autour d’une dépression.
 Un anticyclone est souvent associé à un temps calme et sec. Une dépression à un temps perturbé et humide.
 Quelques notions de climatologies sont utiles. Là aussi, on se souviendra de l’anticyclone des Açores, masse d’air subtropical au milieu de l’océan, et de la dépression d’Islande, masse d’air subpolaire se prolongeant fréquemment vers l’Irlande ou l’Écosse, voire la Norvège.
Avec ces quelques éléments, nous allons essayer de lire les cartes proposées [8].

  • Le modèle d’APCC

L’APCC est un institut de recherche coréen sur la prévision du climat et offrant un système de visualisation de plusieurs modèles saisonniers internationaux. Leur modèle interne, ci-dessous, propose une solution très proche de celle du modèle européen SEAS 5 d’ECMWF.

Anomalies moyennes prévues de quatre paramètres calculées début septembre pour la totalité d’octobre, selon la normes 1993-2016.
En haut à gauche, la hauteur du géopotentiel (GH) à 500 hPa (niveau moyen de la troposphère aux alentours de 5000-5500 m en général).
En haut à droite, la pression atmosphérique réduite au niveau de la mer (MSLP).
En bas à gauche, les précipitations moyennes ramenées à une échelle journalière (TP).
En bas à droite, les températures à 850 hPa, soit environ 1500 m (T).
© APCC

GH montre une anomalie positive du Maroc à Terre-Neuve, via les Açores, et une anomalie négative de la mer du Labrador à l’Europe centrale et à la Méditerranée occidentale. Sur l’ouest de l’Asie, les anomalies sont à nouveau positives.

On se souvient de l’anticyclone des Açores et de la dépression d’Islande. De façon brute, on déduit un anticyclone et une dépression renforcés.
D’après le sens de rotation des vents rappelé plus haut, on peut en déduire que, toujours moyenné sur le mois, le vent serait à l’ouest dépressionnaire sur l’Europe occidentale, apportant des masses d’air issus des parages du Groenland.
À l’inverse, de l’air africain remonterait sur l’Europe orientale avant de rejoindre les régions arctiques du nord de l’Atlantique nord.

MSLP exacerbe ce qui était vu en altitude. Ainsi, configuration d’altitude et de surface se corroborent.

Dans un environnement globalement dépressionnaire soumis à un vent océanique frais, les pluies seraient au rendez-vous, ce qu’indique logiquement la carte TP.
Selon la même logique, les T seraient légèrement déficitaires.

Nous aurions donc, sur le mois, un octobre proche des normes thermiques et anormalement pluvieux. Enfin, si nous nous contentons de ce seul modèle.

Précisons que les modèles saisonniers n’envoient au mieux qu’un très faible signal sur les prévisions hautes fréquences (sur des périodes de quelques jours).

  • Le modèle SPS4

Développé et produit par un consortium public italien, il propose une vision différente.

Même description que la figure précédente.
© APCC

L’anomalie négative de GH est beaucoup plus réduite et sur l’ouest de l’Atlantique, entre Islande et Terre-Neuve. Les anomalies positives sont nombreuses et dessinent, pour l’Europe occidentale, un vent de sud à est.
En cette saison, l’Europe centrale et orientale est encore chaude, l’hiver n’y a pas encore commencé. Les masses d’air advectées seraient douces. Il en va de même pour la façade océanique du continent avec des masses d’air africain. Ces deux schémas venteux, très continentaux, amènent peu d’humidité.
Les vents seraient au contraire océaniques sur la Scandinavie (se rappeler le sens du vent autour d’un anticyclone)..

La carte MSLP confirme ce pronostic d’altitude avec des vents orientés au sud-est sur le Méditerranée et le sud-ouest de l’Europe, à l’est ailleurs, hors Europe du nord.

La carte TP traduit l’idée mentionnée. Le vent de sud-est en Méditerranée apporte l’humidité nécessaire sur ce même bassin pour des pluies plus abondantes que la normale. À l’opposé, les vents d’est, sec, n’apporteraient pas de pluies suffisantes sur une majeure partie du continent, hors l’Europe du nord une nouvelle fois.

Sans surprise, l’excédent thermique est plus important sur la carte T.

Deux modèles, deux prévisions distinctes. Voyons les autres...

  • Le modèle CanSIP3

Ce modèle saisonnier est développé et produit par l’organisme public fédéral Environnement Canada.

Même description que la première figure.
© APCC

GH reprend la configuration esquissée par le modèle de l’APCC, de façon moins prononcée et plus zonale (c’est-à-dire ouest - est). Suivant les mêmes principes, ce modèle suggère des vents océaniques de l’Europe occidentale à l’Europe orientale. Pluies et douceur seraient au programme.

MSLP élargit les anomalies négatives vers le bassin méditerranéen, notamment central, et le nord de l’Afrique. Vents océaniques et vents méditerranéens convergeraient.
Des épisodes méditerranéens pourraient survenir, entrecoupés de périodes de Mistral / Tramontane, de Bora sur les Balkans et l’Adriatique.

TP traduit tout cela correctement avec deux anomalies un peu plus prononcées, l’une sur le nord-ouest de l’UE, l’autre centrée sur l’Adriatique.

Dans un contexte perturbé, les T sont proches des normales.

  • Le modèle System 9

Ce modèle saisonnier est développé et produit par Météo-France.

Même description que la première figure.
© APCC

GH propose une configuration très classique un peu marquée. Un environnement dépressionnaire plus fort que d’habitude sur l’Atlantique tempéré (entre Islande et nord de l’archipel açorien) et un environnement anticyclonique plus fort au sud ainsi que sur la Fennoscandie et le nord-ouest de l’Asie.
Une faiblesse du champ est présente au-dessus de la Méditerranée orientale, faisant office d’anomalie relative négative.

On en déduit une fois encore des vents océaniques sur le nord-ouest de l’UE, à composante anticyclonique plus au sud.

La carte MSLP est profonde mais cette fois les anomalies d’altitude et de surface ne concordent pas sur la Méditerranée occidentale. Du coup, les pluies sont déficitaires autour de cette zone, ce qu’illustre la carte TP.

Pour les même raison que le modèle canadien, les températures sont proches de normes, légèrement excédentaires.


L’analyse est succincte et en rapport avec les échelles spatiales et temporelles de la prévision saisonnière. Il est inutile de s’arrêter sur les détails de ces cartes.

La suite dans la partie 2 qui présentera d’autres modèles saisonniers et un autre paramètre qui peut avoir son importance.
La partie 3 verra d’autres considérations, objectives et subjectives.


[1Par exemple sans que cela soit exhaustif : https://www.meteolafleche.com/previsionssaisonnieres.html  ; .https://meteo-express.com/previsions/previsions-saisonnieres/  ; https://www.lameteo.org/index.php/tendances-saisonnieres-octobre-2026  ; https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois Il n’est pas question ici de porter un quelconque jugement sur ces sites, prévisions ou leurs auteurs. Attention, il est possible que ces prévisions soient mises à jour entre-temps  !

[2Je ne me pose pas en tant que spécialiste, ce serait éminemment prétentieux et vain  !

[3Il est dommage que Météo-France ait fermé, momentanément est-il indiqué, le portail dédié où les «  scores  » des modèles étaient proposés sous forme de matrices.

[4Les cartes ci-après proviennent de https://www.apcc21.org/

[5Par exemple sans que cela soit exhaustif : https://www.meteolafleche.com/previsionssaisonnieres.html  ; .https://meteo-express.com/previsions/previsions-saisonnieres/  ; https://www.lameteo.org/index.php/tendances-saisonnieres-octobre-2026  ; https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois Il n’est pas question ici de porter un quelconque jugement sur ces sites, prévisions ou leurs auteurs. Attention, il est possible que ces prévisions soient mises à jour entre-temps  !

[6Je ne me pose pas en tant que spécialiste, ce serait éminemment prétentieux et vain  !

[7Il est dommage que Météo-France ait fermé, momentanément est-il indiqué, le portail dédié où les «  scores  » des modèles étaient proposés sous forme de matrices.

[8Les cartes ci-après proviennent de https://www.apcc21.org/