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Hiver 2025-2026 - Bulletin du 11 octobre 2025

samedi 11 octobre 2025, par sb

Au niveau des températures de surfaces océaniques, les indices qui étaient ce printemps/été dans le neutre passeraient en mode faible : ENSO (Pacifique) et IOD (Indien) en négatif avant de remonter en neutre au printemps prochain, TNA (Atlantique) en positif.

ENSO et TNA sont généralement bien corrélés, une NINA favorisant une TNA positive et inversement. Cet automne et cet hiver, les deux sont vus faibles (ENSO entre -0.5 et -1°C, TNA autour de +0.5°C) ce qui n’aide pas à apprécier leurs influences.

L’IOD, négatif en ce moment, favorisant les hautes pressions sur l’ouest de l’océan indien, l’est de l’Afrique car les eaux plus froides sur l’ouest de l’océan privilégient les subsidences? (inversement à l’est où les eaux sont anormalement chaudes). Il remonterait vers le neutre à la fin de l’hiver. Là encore, son influence va fortement se restreindre.

Une TNA positive tend à une augmentation des tempêtes/cyclones tropicaux (eaux plus chaudes > + d’énergie et d’humidité disponibles) mais là aussi, la saison cyclonique sera arrivée à son terme, ne brouillant plus la circulation générale tempérée.

La présence d’une anomalie froide au sud du Groenland ne semble pas perturber le fond de la circulation.

Il n’y a donc pas de conclusions particulières à ce niveau.

Au niveau atmosphérique, ces derniers mois ont souvent été marqués par des périodes d’anomalies positives de pressions/géopotentiels sur le nord de l’Europe / nord-ouest de l’Asie et négatives sur la Méditerranée. La récurrence prononcée au printemps et première partie d’été s’est diluée et je ne vois pas signal fort de ce type ces dernières semaines.

L’IOD un peu négatif en décembre peut favoriser les advections subtropicales jusqu’en Méditerranée orientale et au Proche-Orient (T850? plus chaudes sur le flanc gauche des HP est-africain). La TNA faiblement positive peut à la fois favoriser des advections subpolaires sur l’est de l’Atlantique (thalwegs bas en latitudes) et une NAO un peu moins positive (il y a une rétroaction certaine entre les deux). Ces advections subtropicales en Méditerranée orientale et subpolaires sur l’est de l’Atlantique suggèrent des possibilités de flux méridiens intermittents : air chaud remontant sur l’Europe orientale, air froid descendant sur l’Atlantique. Cette circulation serait soutenue par des SST plus élevées sur l’est de la Méditerranée que sur l’ouest. Des possibilités s’ouvrent alors de blocages anticycloniques sur le nord du continent (air chaud). Les spéculations peuvent aller vite dès qu’on parle d’un tel blocage en hiver. Je rappellerai que la configuration sur l’Atlantique a toute son importance dans ces moments là : des HP sur le nord-est et des BG vers Açores/Portugal n’est pas signe de froidure en Europe occidentale, bien au contraire (NAO- trop intrusive vers le continent).

Pour décembre, les conditions possiblement dépressionnaires sur le sud du continent et anticycloniques sur le nord, favorisent à la fois des températures anormalement moins hautes à l’ouest qu’à l’est et des précipitations plus au sud et plus au nord qu’à l’ordinaire (je parle du continent).

En janvier, l’isolement du bulles d’air subtropical loin sur le nord de l’Europe subsisterait, impliquant des faiblesses du champ de pression vers la Méditerranée. Plus qu’en décembre, la possibilité de froid radiatif (froid par inversion) augmente sur l’Europe centrale et du nord-ouest, peut-être alimenté par un vent? d’est. L’Europe du sud / du sud-ouest serait plus encline à des conditions dépressionnaires (relativement aux conditions plus au nord).

Les configurations atmosphériques seraient plus stables sur la durée par rapport à décembre (c’est ma prévision au-delà de l’analyse) : en conséquence, les périodes de froid (radiatif ou dynamique) s’allongeraient, tout comme celles de douceurs océaniques. Pour la France, à la fois proche de l’Europe du nord-ouest et de l’Europe du sud-ouest, ça me paraît indéterminé.

Les précipitations seraient logiquement excédentaires en Méditerranée (rappel : l’échelle est large, non de Perpignan à Nice !), déficitaires dans le continent.

Un mot aussi sur le vent en surface : avec une probabilité accrue d’air chaud sur le nord, le gradient thermique pourrait s’amplifier et descendre assez sud en latitude : le risque tempétueux s’en trouverait augmenter.

En février, avec des indices globaux vers la neutralité (cf plus haut), les téléconnexions à grande échelle se réduisent et les configurations régionales domineraient. La situation pourrait alors s’orienter vers de la climatologie, c’est-à-dire des scénarios assez ouvert à dominante océanique, ou, dit autrement, des configurations changeantes (NAO+ et -, AR) avec une circulation d’ouest plus prégnante que les deux mois précédents.

Les températures et les précipitations seraient excédentaires, les coups de vent ou tempêtes plus présents.

Note : ce bulletin a d’abord été publié sur infoclimat.fr

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