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Quelles seraient les grandes tendances pour l’automne 2026 ?
dimanche 30 août 2026, par
Remarque :
Les prévisions saisonnières ne s’entendent pas comme les prévisions classiques à quelques jours d’échéances.
Remarque :
L’automne météorologique débute le 1er septembre pour s’achever le 30 novembre. De manière générale, les saisons météorologiques ne coïncident pas avec les saisons calendaires [2].
Remarque :
La prévision grand public de Météo-France pour cet automne peut se consulter ici.
Celle qui suit est issue de ma propre analyse et n’est en rien liée à celle de Météo-France.
Résumé :
- L’automne s’annonce doux, voire très doux.
- Le risque d’épisodes méditerranéens paraît plus élevé en première moitié de saison qu’en seconde moitié.
À l’inverse, les excédents pluviométriques apparaîtraient durant la seconde moitié de l’automne sur le reste de la France. - Le risque de coup de vent? ou tempête sur l’ouest et le nord du pays augmenterait significativement en novembre.
- En lien avec l’ENSO très haute, l’activité cyclonique tropicale atlantique serait basse, impactant rarement la circulation tempérée.
- Les températures de surface des mers et océans autour de l’Europe continueront d’être anormalement hautes.
Septembre 2026
À échelle synoptique (plusieurs milliers de km), nous passerions d’une configuration :
– combinant des bas géopotentiels (tendance dépressionnaire froide) au-dessus du 55e/60e N, avec un noyau de bas géopotentiels vers les Açores, et des hauts géopotentiels (tendance anticyclonique chaude) sur l’Europe du sud et le nord-ouest de l’Afrique
– vers des bas géopotentiels entre Açores, Portugal et nord-ouest de l’Afrique et des hauts géopotentiels au moins relatifs sur le nord de l’Atlantique nord / Groenland ainsi que sur le sud-est de l’Europe et le Moyen-Orient.
Cette bascule se réaliserait vers la seconde décade du mois. Les flux méridiens persisteraient globalement, la modification viserait l’humidité qui augmenterait significativement en Méditerranée durant la deuxième moitié du mois.
– Les températures :
Elles resteraient très excédentaires, surtout au sud.
La possibilité de vagues de chaleur au sud se maintient jusque durant la seconde décade. Ce risque paraît faible au nord, sinon de façon brève.
Il est probable vers la dernière décade que des intrusions momentanément fraîches s’effectuent sur une partie nord ou nord-ouest du pays, épargnant les régions proches de la Méditerranée.
– Les pluies :
La première moitié du mois, les pluies demeurent faibles à nulles près de la Méditerranée. Ailleurs, des perturbations faibles à modérées sont possibles mais les cumuls resteraient peu conséquents, sans doute plus élevés en se dirigeant vers la mer du Nord et la Manche. Le contexte est globalement anticyclonique.
Les perturbations atlantiques suivraient un axe îles britanniques - Danemark - Baltique et Fennoscandie.
Ensuite, le risque d’épisodes méditerranéens s’élève. Ce risque s’étend de l’est de l’Espagne (de la Murcie à la Catalogne) jusqu’à l’Italie (de la Ligurie et de la Lombardie à la Toscane et aux Abruzzes, voire plus au sud), incluant nos régions méditerranéennes, la Corse et la Sardaigne. Il n’est pas possible de préciser les régions les plus à risques, même si le nord-ouest de l’Italie semble légèrement plus exposée (en raison des bas géopotentiels affectant jusqu’au nord-ouest de l’Afrique).
En marge, la présence de ces bas géopotentiels sur le nord-ouest du continent africain autorise des précipitations fréquentes sur l’ouest du Sahara, plus abondantes sur les versants exposés au vent de l’Atlas et du Hoggar par exemple.
– Le vent :
Aucun signal d’une configuration favorisant coup de vent ou tempête d’origine atlantique n’émerge.
En revanche, Mistral et Tramontane tempétueux sont possibles en seconde partie de mois.
Octobre 2026
Octobre pourrait être un mois de transition depuis une configuration dominée par les masses d’air subtropical dès la fin mai vers des masses d’air océanique accompagnées d’un écoulement zonal.
À ce stade, difficile de dire si la transition s’effectuerait plutôt en début ou en fin de mois, mon expérience orientant le choix plutôt vers la fin du mois.
Les températures de l’Atlantique et de la Méditerranée demeurent anormalement très élevées.
Les flux méditerranéens humides diminueraient progressivement au profit des flux zonaux océaniques humides.
– Les températures :
Sans surprise, elles resteraient très excédentaires pour un mois d’octobre. Même si elles baisseraient naturellement en valeurs absolues, l’écart avec la climatologie serait positivement grand.
– Les pluies :
Le risque d’épisodes méditerranéens fréquents (dans la suite de septembre) diminuerait progressivement en cours de mois.
À l’inverse, la régression vers le sud du rail dépressionnaire atlantique permettrait au reste du pays de retrouver une pluviométrie proche des normes.
– Le vent :
Aucun signal d’une configuration favorisant coup de vent ou tempête d’origine atlantique n’émerge.
Novembre 2026
L’avancée vers le solstice suggère des masses d’air polaire gagnant plus facilement vers le sud. Avec des eaux atlantiques très anormalement chaudes, les cyclogénèses (génération des dépressions tempérées) seraient plus intenses (ascendances? et baroclinicité plus fortes). Cette exposition peut concerner des latitudes plus basses et des longitudes plus à l’est.
De plus, la ceinture subtropicale de hauts géopotentiels subsisterait, notamment des Açores à la Méditerranée, favorisant un gradient thermique horizontal accru, augmentant la possibilité de cyclogénèses proches de l’Europe.
La NAO pourrait ainsi être positivement forte.
– Les températures :
Elles resteraient excédentaires pour un mois de novembre, à priori moins que les deux mois précédents.
– Les pluies :
Elles deviendraient excédentaires sur la plupart des régions, surtout sur une moitié nord-ouest du pays.
Avec des dépressions atlantiques potentiellement plus creuses et plus basses en latitudes, il est probable que certains fronts froids actifs creusent une mésodépression en Méditerranée occidentale ou que des thalwegs soient suffisamment profonds sur l’Espagne voire le Maroc pour enclencher des épisodes méditerranéens (entre est de l’Espagne, sud-est de la France et Italie).
– Le vent :
Le signal coup de vent / tempête atlantique devient significatif. Le temps serait plus fréquemment perturbé et agité que d’ordinaire.
Par extension d’un régime NAO positif dominant, les épisodes de fort Mistral / Tramontane pourraient être nombreux.
Quelques cartes d’illustration...
Au fur et à mesure, le vent zonal, océanique donc, se renforcerait et deviendrait dominant sur l’Europe occidentale, abandonnant le nord de l’Europe.
En bleu lorsque les simulations montrent une forte probabilité pour que ces hauteurs soient dans le tercile inférieur (plutôt dépressionnaire), en rouge lorsque celles-ci soient dans le tercile supérieur (plutôt anticyclonique).
Note : quelques coquilles ont été corrigées par la suite.