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Histoire d’une dégradation orageuse
dimanche 23 août 2026, par
Un long périple atmosphérique pour une forte dégradation orageuse sur le pays.
Les gris clairs correspondent à une atmosphère humide en altitude, les gris sombres à une atmosphère sèche.
Une rivière atmosphérique (AR, atmospheric river) prend sa source prend sa source au sud de la mer des Sargasses et remonte jusqu’au sud de l’Islande. L’animation en dévoile une partie. Une AR est un courant particulièrement humide, long de plusieurs milliers de km et large de quelques centaines de km, transportant la vapeur d’eau depuis les régions tropicales vers les régions polaires.
Outre la quantité de vapeur d’eau en altitude, cette imagerie révèle les zones où le Jet? est plus fort, les intrusions d’air stratosphérique (anomalies basses de tropopause), les secteurs actifs, dynamiques (baroclinicité), les convections profondes générant des orages.
Les anomalies basses (ou encore négatives) de tropopause appariassent généralement très sombres, avec de forts gradients de gris : l’air stratosphérique est particulièrement sec et lorsqu’il s’enfonce vers le bas, la tropopause forme un creux ou un pli. Les courants Jet sont à proximité immédiate. Ces anomalies forment des forçages d’échelles synoptiques (environ mille km et plus). Ces forçages, comme le nom le suggère, incite fortement l’atmosphère à des mouvements, notamment verticaux.
Il est nécessaire de les distinguer des masses d’air sec subtropical, comme sur l’Algérie et la Libye ci-dessus, de grandes étendues.
En lien, ces secteurs à fort gradient de gris signalent de forts gradients horizontaux de vapeur d’eau (sombre = petite quantité, clair = grande quantité), eux-mêmes le plus souvent associés à des gradients thermiques horizontaux importants.D’où une baroclinicité dont l’intensité peut s’estimer en fonction de ce gradient de gris.
Enfin, les orages, issus de profonds mouvements verticaux ascendants et descendants (convection), se manifestent par des petites « bulles » très claires.
Les gris clairs correspondent à une atmosphère humide en altitude, les gris sombres à une atmosphère sèche.
– En phase 1, une anomalie est présente à mi-chemin entre les Açores et la Caroline du Nord, au premier quart environ de l’AR. En aval se trouve l’AR au sein de laquelle de nombreux orages éclatent. L’ensemble se décale lentement vers les Açores.
– En phase 2, une scission s’opère en accédant à des latitudes plus nordiques. La partie sud se maintiendra en zone subtropicale. la partie nord évolue vers le nord-est avec toujours des manifestations orageuses.
– En phase 3, une dépression venant de Terre-Neuve advecte air plus frais et vorticité cyclonique vers la petite anomalie que l’on suit.
– En phase 4, le couplage entre les deux est effectué. Les effets baroclines se renforcent, un système frontal (front chaud et front froid) s’organise, un minimum de pression se creuse en surface. Les orages se multiplient, grâce à la forte humidité de l’AR et à l’arrivée de l’air froid cyclonique.
– En phase 5, l’advection froide s’intensifie (direction des filaments gris) et le dynamisme se renforce (gradient de gris de plus en plus resserré). Les orages demeurent actifs.
– En phase 6, la cyclogénèse s’active.
– En phase 7, l’intensité maximale et la maturité sont atteints. L’humidité est aussi rejetée vers la haute altitude sur le quadrant nord, signe qu’un mouvement occlusif s’opère initiant, avec d’autres, le début du comblement. Le front froid est très actif avec une guirlande d’orages jusqu’au sud-ouest de l’archipel des Açores.
– En phase 8, le comblement est bien entamé. L’advection humide atteint l’est de la péninsule ibérique.
Le rôle joué par l’AR est illustré par ces cartes d’IVT (vertical integrated water vapour transport), notamment par le flux de chaleur latente?, cette dernière étant libérée lors des orages et de la cyclogénèse (fronts).
En effet, lorsque l’eau s’évapore depuis notre peau comme à la surface de l’océan, une part de chaleur est pris à l’air ambiant qui se refroidit donc. En se condensant dans un environnement plus froid, la vapeur d’eau restitue à l’air ambiant la chaleur précédemment captée.
La situation en milieu de journée est celle-ci :
– de bas géopotentiels (air plus froid et tendance dépressionnaire) sont centrés entre Finlande et l’oblast de Leningrad, desquels s’étire un thalweg jusqu’à proximité du Portugal.
– au fond de ce thalweg, un minimum d’altitude et de surface dynamique est en phase de comblement.
– un autre bloc de bas géopotentiels se situe sur le Groenland et étend un thalweg vers le sud-est.
– de hauts géopotentiels (air plus chaud et tendance anticyclonique) sont à l’ouest des Açores.
– une dorsale est présente sur la Méditerranée.
En suivant la progression selon les flèches du vent? des advections présentes, on peut estimer les trajectoires de ces centres synoptiques. Sachant que les advections froides et les advections positives (rouge) de vorticité favorisent une diminution du géopotentiel (l’air froid a une plus grande densité et contracte la masse d’air, la vorticité positive tend à créer des ascendances?) et, à l’inverse, les advections chaudes et les advections négatives (bleu) de vorticité tendent à hausser le géopotentiel (l’air chaud a une densité moindre, l’air se dilate et la vorticité négative tend à des mouvements verticaux descendants), on a :
– une poursuite du comblement du thalweg portugais en direction de la France ;
– une trajectoire vers le sud-est (proximité de la péninsule ibérique une nouvelle fois) du thalweg groenlandais.
Par manque de temps pour la rédaction et l’illustration à échelles fines des prévisions, je m’en tiendrais ici à l’échelle synoptique.
Toutefois, le modèle AROME simule dès la mi-journée de demain de puissants courants verticaux, d’abord essentiellement ascendants (rouge/noir) marquant la formation des orages puis alternant courants ascendants et descendants (bleu/noir) signifiant la vie des orages (vidage et régénération).
Dans un premier temps, le temps va être dominé par le premier thalweg.
Demain, des averses parfois orageuses traverseront la façade atlantique en matinée. En cours de journée, des orages pouvant être virulents sur le sud-ouest : très fortes intensités, violentes rafales et grêles sont probables.
Le Marin sur le golfe du Lion va progressivement alimenter un système pluvio-orageux potentiellement fort sur le Languedoc-Roussillon en cours d’après-midi, se décalant vers la Provence en soirée. Les orages pourront y être diluviens avec de violente rafales également.
Des averses affecteront aussi la façade est mais de moindre intensité.
Mardi, le temps sera plus calme au sud mais restant perturbé au nord.
Mercredi, le second thalweg montrera son influence sur l’ouest où une perturbation active pourrait se mettre en place.
Jeudi, la poursuite du temps perturbé s’effectuerait sur le sud et l’est du pays. De forts orages sont envisageables.
Vendredi, averses et orages pourront encore être présents, à priori en atténuation.
Côté température, les nuits resteraient douces à chaudes, seules les régions bordant la mer du Nord et la Belgique auraient des niveaux plus raisonnables. En journée, suivant l’activité orageuse locale, les maximales joueront au yoyo autour de valeurs proches des normales. Une hausse modérée est possible jeudi par le sud avant une baisse possible par le nord-ouest vendredi.