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Canicule N. Et donc ?

dimanche 9 août 2026, par sb

Suite de l’article Canicule N, quelles vont être les étapes et la sortie, si possible, de cette énième vague de chaleur.

Examinons la semaine qui vient de s’écouler pour mieux connaître celle qui s’ouvre...
Après des orages cette nuit et demain matin, temps calme et caniculaire avant une nouvelle séquence d’orages.

Je précise d’emblée que je ne fais pas distinction dans mes articles entre canicule et vague de chaleur. Les deux répondent à des critères précis, comme l’indique Météo-France sur son site [2]. Cette distinction a évidemment son utilité mais dans ce cadre-ci, j’estime que leur emploi précis rendrait les bulletins inutilement plus complexes. C’est peut-être contestable.


Coup d’œil sur les derniers 7 jours

Regarder le passé aide à prévoir l’avenir...

Températures minimales journalières enregistrées entre le 3 et le 9 août 2026 inclus.
Températures maximales journalières enregistrées entre le 2 et le 8 août 2026 inclus.

On constate aisément le cycle de ces vagues : hausse par le sud-ouest des températures, gagnant vers le centre-ouest puis vers le nord et le nord-est, épargnant les littoraux de la Manche. Ensuite, évacuation par la Belgique et l’Allemagne et, en extrapolant, le sud-est de l’Europe et les Balkans en particulier. Enfin, le cycle repart.
En revanche, le sud-est et l’Italie restent dans la marmite.

À l’échelle européenne :

Températures maximales journalières enregistrées entre le 2 et le 8 août 2026 inclus, sans les valeurs.
Indicateur thermique national, selon Météo-France, depuis le 1er janvier 2026.

L’ITN poursuit sa course « plus vite, plus haut, plus fort, ensemble »... On remarquera que la norme climatologique 1991-2020 entame sa descente vers l’hiver (courbe noire) : statistiquement, nous sommes plus proches de la fin que du début. Rassurons-nous ! ;-)
On note aussi qu’il s’agit de la moyenne des trente stations représentatives de la métropole : les moments de répit furent brefs et très contrastés entre le nord et le sud.

Valeurs des points de rosée à 14h (12h TU) entre les 3 et 9 août 2026 inclus.

Quant à l’humidité, elle colle à ce même cycle : un début sec suivi d’une hausse progressive jusqu’à une brève séquence orageuse précédent un nouvel assèchement. Et bis repetita.
Sauf sur le sud-est où l’humidité a pris ses positions, les points de rosée pouvant y dépasser les 25°C. Côté positif, cela alimente en humidité les orages alpins.

Bref, nous sommes au début d’un nouveau cycle. Depuis le début de la saison chaude 2026, les cycles se succèdent avec leurs spécificités. Quelles seraient les caractéristiques de celui-ci ?


Situation actuelle

Imagerie satellite « cloud phases » montrant les orages matinaux sur le sud-ouest et le Centre et la Bourgogne.

Dans le bulletin précité, j’évoquais deux paliers pour cette vague de chaleur. Comme à chaque transition cet été, une séquence orageuse plus ou moins étendue ou virulente s’effectue. Il y en eut une ce matin, sur le sud-ouest, remontant vers le Poitou et la Vendée et au nord du Massif central, se décalant vers la Bourgogne, en faiblissant.

On remarque le mouvement circulaire des nuages bas, en jaune, sur le golfe de Gascogne. Un creux secondaire au niveau de la mer y était présent, sous une anomalie d’altitude à courbure cyclonique (sens antihoraire, formant cet anneau nuageux). Cela favorisait les ascendances? puis une convection profonde allant jusqu’à des cellules orageuses, les cumulonimbus, en bleu (sommets composés de cristaux de glace).

Sur l’Atlas, entre Maroc et Algérie, d’autres cumulus bourgeonnent de plus en plus, en bleu pâle. Ils indiquent le courant d’air chaud et humide venant des Canaries qui, en soirée, permettra à des orages parfois virulents, d’affecter une grande partie sud-ouest de la France.

Le radiosondage réalisé par Météo-France à Bordeaux-Mérignac à la mi-journée montre des conditions de températures et d’humidité positives pour les orages. Le cisaillement est unidirectionnel et régulier sur toute la colonne.
Sur un plan plus technique, la CAPE est autour de 2000 J/kg, la CIN proche de 50 J/kg. le delta entre LCL et LFC est de 1200 m, ce qui demande un forçage supplémentaire pour initier la convection. Le ciel dégagé offre un chauffage solaire optimal. La CIN, suffisante sans être excessive, maintient et augmente le potentiel jusqu’à sa libération en soirée. Le lapse rate est bon, à 7,5 K/km à l’étage moyen, jusqu’à 9 K/km sous le 1er km. La DCAPE approche des 800 J/kg, laissant entrevoir la possibilité de fortes rafales. Enfin, le risque gréligène se ressent.

Animation par pas de 15 minutes entre 16h et 17h30 TU : le gonflement et l’extension des cumulus et des cumulonimbus est visible depuis l’espace. La dégradation orageuse a débuté.

Vers la fin de l’après-midi, les orages sur le nord-est de l’Afrique se sont étendus et ont vieilli (gris bleuté s’assombrissant). Des cellules plus jeunes gagnent la côté algérienne. D’autres ont éclos sur la façade est de l’Espagne, la direction du panache montrant la direction du flux (du SW donc).
Les premiers orages éclatent sur le Béarn et d’autres croissent rapidement, sur les Hautes-Pyrénées et sur le midi toulousain. Elles s’étendent et l’activité kéraunique couvre à 20h le sud de l’Aquitaine.

Analyse numérique de GFS, cycle 12z au niveau 500 hPa ( 5500 m), hauteurs du géopotentiel en couleurs, les températures en tireté, et champ de pression réduit au niveau de la mer, en blanc.

On retrouve la petite anomalie d’altitude sur le golfe de Gascogne, gagnant l’intérieur de la France en se comblant (2). C’est elle qui engendre la dégradation orageuse.
En (1), c’est la dernière advection subtropicale, celle de vendredi et samedi, s’éloignant vers l’Europe orientale.
En (3), c’est la prochaine advection subtropicale en préparation, le second palier évoqué dans le bulletin précédent.
Le thalweg polaire entre Islande, Écosse et Norvège, s’évacue vers la Scandinavie sans nous concerner.


Évolutions attendues

Hauteurs du géopotentiel à 500 hPa, en noires, températures à 850 hPa, en couleurs. Simulations selon le modèle européen IFS?, dans son cycle 12z, pour chaque jour de la semaine à la mi-journée. Le seuil des 20°C, considéré comme potentiellement caniculaire s’il se prolonge plus de 24h, est en couleur rouge vif.
© ECMWF

Le thalweg se positionne sur la France lundi et mardi avant de se combler définitivement. Il devrait générer des orages sur l’ensemble des reliefs du sud et, pour le reste du pays, une petite baisse temporaire du mercure.
Ensuite, un nouvel épisode très chaud, probablement caniculaire sur le sud-ouest et une bande centrale du pays a minima.
Enfin, un thalweg apporterait une nouvelle salve orageuse le prochain week-end dont l’intensité et le timing sont encore à définir.

Durée d’ensoleillement quotidien, de lundi 10 au dimanche 16 août inclus, selon le modèle IFS?, cycle 12z.
© ECMWF

La durée de l’ensoleillement est calculée à partir du rayonnement solaire reçu par heure et de la couverture nuageuse éventuelle. Jusqu’à vendredi, excepté sur les Alpes où des orages diurnes seront présents et mardi-mercredi avec une dégradation diurne sur les massifs du sud, l’ensoleillement serait maximal sinon proche du maximum possible. C’est aussi un paramètre suggérant des températures très élevées, le chauffage solaire fonctionnant à plein.
Avec un allongement de la durée des nuits et un ciel clair, on peut espérer un rafraîchissement nocturne un peu plus important que lors des dernières canicules. Ce dernier point n’est pas gagné car d’autres facteurs sont défavorables : températures élevées de l’Atlantique, foehn, ...
Enfin, comme les cycles caniculaires précédents, la durée d’ensoleillement se trouverait réduite, de manière hétérogène, en raison d’une nouvelle séquence orageuse le prochain week-end.


Prévisions globales

 Les températures

Lundi, mardi, les températures minimales demeurent très élevées : entre 18 et 25°C au sud d’une ligne Nantes - Paris - Dijon grosso modo, 14 à 18°C au nord de celle-ci.
Mercredi, jeudi, elles grimperaient d’un cran supplémentaire et, excepté l’extrême nord du pays, elles seraient comprises entre 20 et 25°C, voire davantage, même au nord de la Loire.
Vendredi, si le timing est favorable, elles débuteraient une baisse par le nord-ouest. Ailleurs, les 20 à 25°C ou plus devraient être fréquents.
Samedi et dimanche, la régression vers l’est et le sud des hautes températures s’effectuerait progressivement. Le sud-est demeurerait dans le chaudron.

Demain lundi, les températures maximales sont encore et toujours supérieures à 35°C près de la Méditerranée et la vallée du Rhône. Elles sont supérieures à 30°C au sud d’une ligne Nantes - Charleville-Mézières.
Mardi, elles franchissent les 35°C sur le sud-est et la vallée du Rhône mais aussi sur le sud-ouest et le centre-ouest. Les 40°C peuvent être localement approchés ou atteints.
Mercredi, des valeurs entre 33 et 38°C généralisées sont attendues, excepté sur les littoraux de la Manche et de la mer du Nord. Les 40°C pourront être localement franchis.
Le mercure continuerait de monter jeudi. Les 35°C pourront aussi concerner la Belgique et l’Allemagne. Des maximales entre 37 et 41°C sont envisagées sur l’ouest et le sud-est, dans l’intérieur des terres.
Vendredi devrait être une journée de transition, avec un déplacement des hautes valeurs sur l’est du pays et une baisse relative sur l’ouest.
Samedi et dimanche, les températures baisseraient sur la majeure partie du pays, le centre-est en dernier. La chaleur résisterait encore et toujours sur le sud-est.

 Les précipitations

Encore des averses résiduelles localement orageuses demain. Ensuite, c’est un temps calme qui est prévu, avec un ensoleillement généreux.
Deux points à souligner :
* des orages sur le Massif central / Les Cévennes, l’est des Pyrénées et les Alpes mardi, surtout les Alpes mercredi, pouvant déborder sur les piémonts et chaînons annexes, voire localement sur les plaines adjacentes.
* des orages diurnes plus ou moins fréquents suivant les jours sur le massif alpin, principalement les Alpes du sud, plus marginalement sur les Pyrénées et le Massif central.


[1Canicule, pic ou vague de chaleur : quelles différences  ? : https://meteofrance.com/meteo-a-z/canicule-pic-ou-vague-de-chaleur-quelles-differences

[2Canicule, pic ou vague de chaleur : quelles différences  ? : https://meteofrance.com/meteo-a-z/canicule-pic-ou-vague-de-chaleur-quelles-differences