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Bulletin du 18 juillet 2026

samedi 18 juillet 2026, par sb

On trouvera sur Infoclimat le bilan de la journée du 16 juillet où de violents orages, notamment supercellulaires, ont affecté la France : https://www.infoclimat.fr/actualites/bqs/14053/bilan-m-ampeacutet-ampeacuteo-du-jeudi-16-juillet-2026.html

De fortes rafales de vents? et de gros grêlons ont été observées. Des pluies intenses ont également été mesurées. Sur la carte du DWD, la Météorologie fédérale allemande, proposée dans le bilan ci-dessus affiche l’analyse numérique en surface à 18h TU (20h, heures françaises). Deux lignes jaunes sont présentes, l’une du Massif central à l’Alsace, la seconde de la Sarre à la Bavière. Elles matérialisent des convergences humides bien structurées, c’est-à-dire où vents et humidité convergent. Ce sont des lieux particulièrement propices aux orages. Ces derniers ont en effet l’humidité nécessaire pour se développer et un forçage consistant pour initier la convection profonde.
La convection est un phénomène où un fluide monte à un endroit et descend à un autre pour tenter de rétablir un équilibre perdu, tel que l’eau dans une casserole en train de chauffer.
Un forçage va impulser une modification dans les mouvements verticaux de l’air. Le terme est généralement utilisé pour les ascendances? : dans les conditions du moment sans forçage, l’air a des difficultés à s’élever ; le forçage va favoriser cette ascension. Dans le cas décrit ici et pour simplifier, la convergence des vents effectue un forçage positif pour la convection : en surface, les vents convergent, le sol étant infranchissable, l’air n’a d’autres choix que de s’élever, ce qui « force » l’état naturel de la masse d’air à ce moment là en cet endroit.

Les forts orages ont laissé d’importantes précipitations du Massif central à la Suisse, avec de nombreuses stations de mesure relevant plus de 50 mm en 24h. La StatIC de Veauchette, dans la Loire, a enregistré 73,2 mm en 24h avec des intensités horaires supérieures à 100 mm/h en soirée.

Aujourd’hui, les températures ont bien baissé sur la majeure partie de la France. Néanmoins, les 30°C atteignent encore localement la Seine. Sur le sud-est, l’épisode caniculaire persiste. En complément de la légende de la carte, les 37 à 40°C sont légions sur le reste de la Provence et le Languedoc-Roussillon.

Les températures minimales de ce 18 juillet 2026 se sont élevées jusqu’à 27,2°C à la station de Météo-France de Cap Camarat, dans le Var.
Les températures maximales de ce 18 juillet 2026 ont atteint 41,4°C à la StatIC de Cotignac, dans le Var.
Treize stations varoises ont enregistré plus de 40°C aujourd’hui, et une à l’extrême est des Bouches-du-Rhône.


Demain, les températures au lever du jour descendront jusqu’à 10 à 15°C au nord, 15 à 20°C au sud, excepté près de la Méditerranée entre 20 et 25°C, localement plus.
L’après-midi, le mercure restera généralement sous les 25°C sur le nord-ouest, sans doute un peu plus sur la Bretagne intérieure et sud, 23 à 27-28°C sur le quart nord-est, 27-30°C du centre-ouest à Rhône-Alpes, 30 à 34°C sur le sud-ouest, jusqu’à 36-40°C sur le sud-est.


Mais après, quelles sont les tendances ?

Pour débuter mardi, nous aurions deux courants antagonistes sur l’Europe occidentale. Sur son nord-ouest, les masses d’air prendraient une trajectoire issue d’Islande vers le BéNéLux et l’Allemagne (air subpolaire, flèche bleue).
Sur son sud-ouest, la masse d’air est originaire des Açores et des Canaries vers les îles Sardo-corse puis la mer Ionienne (air subtropical, flèche orange).
La carte de gauche fournit la hauteur moyenne du géopotentiel à 500 hPa calculée sur l’ensemble des 51 membres. Les plages de couleurs donnent l’écart-type normalisé sur les trente derniers jours.
À droite est la version déterministe (contrôle), sans modification des conditions initiales. Les plages de couleurs indiquent l’écart-type entre 51 membres de ce cycle.
Pour une introduction sur les modèles numériques et leurs ensembles, voir ce bulletin
© ECMWF

Deux courants s’opposent : l’un frais, venu d’Islande, l’autre chaud, venu des Canaries.
Le premier impacte le nord-ouest de l’Europe ; le second affecte le sud de l’Europe de fortes chaleurs.
On constate que le modèle a eu des difficultés à établir une simulation sereine sur la France sur les trente derniers jours (à gauche, en violet) mais ce cycle semble plus confiant (à droite, absence de couleurs). Toutefois, les deux cartes simulent un trajet similaire pour les deux masses d’air : environ 1/4 sud du pays sous le courant chaud, les 3/4 nord sous l’influence du courant frais.
Dans ce contexte, il continuera de faire très chaud sur la grange sud et principalement sud-est. Sur le reste du pays, et particulièrement sur le tiers nord, les nuits risquent d’être fraîches alors que les journées resteraient modérément chaudes. Ce serait dû au faible ennuagement, ne freinant pas l’évacuation de la chaleur du sol durant la nuit et favorisant le chauffage solaire direct le jour.

Mêmes cartes que précédemment pour l’échéance H168 (7 jours).
Les deux courants antagonistes sont toujours présents. Les écarts-types demeurent modérés.
© ECMWF

Pour le week-end, la configuration est sensiblement identique.
Cependant, à droite, le membre non modifié (contrôle) est plus incisif vers le sud avec un courant frais et son thalweg qui atteint le golfe du Lion. La moyenne de tous les membres, à droite, maintient un influence du courant chaud sur le sud-est.
On garderait des températures proches de normes estivales, peut-être un peu au-dessus sur le nord-ouest, sur les 2/3 nord. Sur le 1/3 sud et surtout les régions méditerranéennes, l’incertitude demeure bien que la chaleur devraient diminuer d’un cran.

Pour un point pris dans le sud-ouest, le graph du bas indique l’évolution des températures sur les 10 prochains jours.
Les bandes colorées bleues et rouges représentent la climatologie des minimales et des maximales respectivement, en gras les médianes. Les cylindres représentent la prévision : plus ils sont étirées, plus la dispersion et donc l’incertitude, grandit.
© ECMWF

Sur le sud-ouest, au-delà des valeurs qui varieront selon les lieux, c’est la tendance qui est importante.
L’incertitude est faible jusqu’à vendredi inclus puis grandit à partir du week-end, surtout sur les maximales. Cela traduit l’incertitude sur la latitude atteinte par le courant chaud.

Même chose pour un point pris près des côtes méditerranéennes.
© ECMWF

Sur le sud-est, les valeurs proches du quantile 90 au début, diminuent vers des valeurs qui se rapprochent des médianes. À partir du week-end, on retrouve une hausse de l’incertitude pour la même raison.