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Encore une vague de chaleur... Pourquoi ?
lundi 31 août 2026, par
Une nouvelle vague de chaleur s’invite en cette première semaine de septembre.
Une zone froide et de basses pressions actuellement sur Terre-Neuve est un des principaux déclencheur.
Les lignes noires, que j’ai ajouté, matérialisent la hauteur du géopotentiel à 500 hPa (environ 5500 m). Ils permettent de visualiser rapidement anticyclones et dépressions.
Un vaste complexe dépressionnaire (bas géopotentiels) se maintient entre Terre-Neuve, Islande et Arctique. Il est composé de plusieurs minima.
T0 est le thalweg, une vallée de bas géopotentiels dépressionnaires, qui a valu un temps médiocre à une partie des régions françaises hier et ce matin. Il s’éloignera vers les Pays Baltes.
T1 est un autre thalweg qui aborde l’Irlande et s’étend vers le sud. Il s’avance vers la France.
T2 quitte les parages de Terre-Neuve et s’élance sur l’Atlantique.
Deux secteurs de hauts géopotentiels (anticyclone dynamique) s’observent : un premier en Méditerranée, AM, quasi immobile lié entre autres aux remontées d’air saharien et à la cellule de Hadley encore anormalement forte, un second vers les Açores, AA, élevant une faible dorsale (crête de hauts géopotentiels) vers le sud du Groenland, DA.
DA se dirigera vers le sud-ouest de l’Europe.
Enfin, les flèches indiquent la direction et la force du vent? à 500 hPa.
Les deux cartes animées illustrent les raisons de ces mouvements dont la résultante est une énième vague de chaleur sur le pays.
De manière générale et schématique, plus un volume d’air se refroidit, plus il se contracte.
Réciproquement, plus un volume d’air se réchauffe, plus il se dilate.
L’air est soumis à la gravitation (c’est pourquoi on parle du géopotentiel qui traduit l’énergie potentielle de gravitation exercée par la Terre sur l’atmosphère. Il a donc tendance à s’amasser vers le bas.
La surface terrestre est rigide, l’air ne peut pas s’y infiltrer en grande quantité. En revanche, vers le haut, les contraintes sont moindres. Sans entrer davantage dans les concepts météorologiques, lorsque l’air se refroidit, il va se contracter et la hauteur du géopotentiel en altitude (ici pris arbitrairement à 500 hPa) va s’abaisser. Lorsque l’air se réchauffe, cette hauteur va s’élever.
C’est pourquoi on parle de niveaux de pression (500 hPa ou 850 hPa par exemple) plutôt que d’altitude car celle-ci varie constamment. En général, le niveau 500 hPa varie entre 5000 et 6000 m, pour une valeur moyenne autour de 5500 m.
Ainsi, l’apport (= l’advection) d’air relativement plus froid, en vert ci-dessus, va avoir tendance à abaisser le géopotentiel si rien ne contrecarre son effet.
L’advection est pilotée par le vent?. Le vent déplace la masse d’air plus froide dans le sens du vent.
En visualisant les zones d’air plus froid (par rapport aux masses d’air adjacentes) et la direction du vent, on déduit là où thalwegs (apport d’air plus froid) et dorsales (apport d’air plus chaud) vont se déplacer.
La seconde carte de l’animation montre les advections de vorticité. La vorticité est une notion moins intuitive, elle est liée à la rotation et aux mouvements verticaux de l’air.
Elle peut être négative, c’est-à-dire qu’elle tend à être anticyclonique, ou positive, elle tend à être dépressionnaire.
Donc, une advection négative de vorticité tend à favoriser un anticyclone/une dorsale alors que si elle est positive, elle favorise une dépression/un thalweg.
Là aussi, en combinant advections et vent, on déduit les évolutions des dorsales et thalwegs.
T1 n’a pas d’advection significative de température. Il a une faible advection cyclonique (rouge) à l’avant et une plus forte advection anticyclonique (bleu) à l’arrière. Cette dernière va dominer son évolution. Le thalweg se comble progressivement. Il ne devrait donc pas nous impacter, sinon marginalement, lorsqu’il passera sur la France. Il est même probable qu’il ait disparu.
T2 est intéressant.
En amont du thalweg, une forte advection froide est présente alors qu’à l’avant (non montré), l’advection est chaude.
Côté vorticité, l’advection est majoritairement cyclonique en aval, anticyclonique en amont.
Les deux advections se complètent et rendent le thalweg assez dynamique, en phase de croissance.
En suivant la trajectoire des advections selon le vent, le thalweg devrait se diriger vers les Açores.
Cette arrivée d’air cyclonique et relativement plus froid va affaiblir l’ouest de AA.
Finalement, AA rejoindra AM qui se renforcera.
Un air anticyclonique tend à être subsident, c’’est-à-dire que le mouvement de l’air à échelle large est descendant. Comme le sol est infranchissable, l’air est lentement comprimé et s’échauffe alors davantage.
Fort heureusement, nous approchons de l’équinoxe, l’angle du Soleil baisse, son chauffage devient moins puissant. De plus, les nuits se rallongent réduisant le temps de chauffage. Il va chaud notamment sur la moitié sud, et, malgré des conditions synoptiques similaires aux canicules précédentes, les valeurs atteintes seront un peu moins élevées que ce qu’elles auraient pu être si nous étions en juillet.
Les minimales et les maximales monteront néanmoins.
Avec un dégradé nord > sud, les minimales seraient de l’ordre de 15 à 20°C sur la plupart des régions, moins près de la Manche, un peu plus près de la Grande Bleue.
Les maximales dépasseraient rapidement les 30°C sur la moitié sud, les 35°C près de la Méditerranée et des Pyrénées à la vallée de la Garonne.
Il y a encore de nombreuses incertitudes, telles l’intensité, l’extension vers le nord-est, la durée de la vague de chaleur.
Excepté près de la Manche où des nuages avec quelques ondées sont possibles, les précipitations seront absentes.