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Chaleur record et inconfort pour le week-end de Pentecôte et les jours suivants

vendredi 22 mai 2026, par sb

Pour au moins cinq à six jours, la chaleur sera très forte. Il est probable qu’elle soit historique pour une fin mai. De nombreux records mensuels tomberaient.
La masse d’air s’assécherait de plus en plus, autorisant les thermomètres à monter vers des valeurs encore plus hautes.
Encore une fois, attention aux insolations et coups de soleil !! Mais aussi aux sensations d’inconfort pouvant mener au malaise pour les personnes fragilisées.


Les points de rosée

Les températures ont déjà dépassé les 35°C aujourd’hui sur plusieurs postes de mesures du sud-ouest. Ce soir, les températures dépassent encore les 30°C.
Par ailleurs, plus au nord, les points de rosée frôlent et, parfois, dépassent les 20°C. Les sensations d’inconfort peuvent devenir fortes et provoquer des malaises. Les hautes températures n’ont pas encore rencontrées les hauts points de rosée, la vigilance est néanmoins de mise.

En cette fin de journée, les températures sont encore particulièrement élevées pour une fin mai. Sur l’ouest de la France, les points de rosée sont également hauts. Des valeurs supérieures à 20°C sont des valeurs hautes. Le point de rosée est directement relié à l’humidité.
© Infoclimat.fr

Le point de rosée ne peut pas être supérieur à la température. Lorsque le point de rosée l’égale, alors l’air est saturé d’humidité (typiquement, brouillard). Plus l’air est humide, plus le point de rosée se rapproche de la température.

Par ailleurs, comme il ne peut dépasser la température, lorsqu’il s’élève, cela indique également que la température croît aussi. Il peut ainsi servir à estimer grossièrement l’inconfort (jour ou nuit lourde) : au-dessus de 20°C, le risque d’inconfort grandit fortement, principalement la nuit.

La température varie rapidement au cours de la journée alors que le point de rosée réagit beaucoup plus lentement. Ainsi, après une chaude journée, la température descend mais pas (ou peu) le point de rosée : les corps peuvent moins se reposer lorsque nuit douce et lourde succède à une journée chaude et lourde.

Le point de rosée a son importance pour la prévision du brouillard et des nuages par exemple, l’atteinte des végétaux par le gel ou encore la formation des nuages d’orage.


Les EFI : extreme forecast index

Comme son nom le suggère, l’EFI est un indice de survenue (ou de probabilité) d’un évènement météorologique extrême. C’est un nombre sans dimension. Sa valeur absolue est comprise entre 0 et 1 (ou entre 0 et 100%).
Il caractérise un ensemble de valeurs. C’est une aire, autrement dit, une intégrale à calculer. Je n’irai pas plus loin ce soir (on évitera les maths autant que possible !).

En effet, pour notamment contrer l’absence et les erreurs des observations, les approximations d’implémentation et autres perturbateurs, la plupart des modèles numériques du prévision météorologique proposent des « ensembles » : on simule plusieurs évolutions en modifiant la situation de départ. Cela produit un panel de scénarios plausibles, permettant de dégager la possibilité d’évènements extrêmes. J’y reviendrai dans un article futur.

En climatologie, comme dans de nombreux autres domaines, les quantiles sont utilisés pour quantifier la position d’une valeur dans un ensemble de valeurs. Ainsi, un quantile 90 (Q90, ou décile supérieur) représente les 10% des valeurs les plus hautes de l’ensemble. Le Q99 (ou centile supérieur) représente les 1% les plus hauts.

Il existe de nombreux sets de données climatologiques. Le Centre européen pour la prévision météorologique à moyen terme (ECMWF) utilise sa propre climatologie « M-Climate [5] » basée sur du reforcast : cette base permet d’avoir pour référence les 20 dernières années en permanence.

L’EFI donne la proportion de scénarios qui entre dans le Q90.
Dit autrement, un scénario qui égale le Q90 indique que c’est un scénario qui s’est produit 10 fois sur 100 occurrences., Pour le Q99, c’est une fois sur cent.
On se doute bien que des prévisions peuvent dépasser les hautes valeurs passées. Ces scénarios encore plus extrêmes, puisque au-delà du « record » de la climatologie de référence, ne sont pas qualifiés par l’EFI.
Par exemple, la température extrême peut dépasser de 0.5°C ou de 5°C le record, l’EFI n’informera pas là-dessus.

  • Les SOT : Shift of Tails

Les SOT évaluent le degré d’extrême potentiel d’un évènement [6]. Plus sa valeur est haute, plus la virulence potentielle pourra être élevée. En revanche, ils ne renseignent pas sur la probabilité de survenue.
Une valeur 0 indique que les 10% des scénarios prévus sont au moins aussi extrême que le Q99. Plus la valeur augmente, plus la virulence augmente. Des valeurs de 2 ou 3 et parfois plus peuvent être calculées.

Je reviendrai une autre fois sur leur interprétation pratiquo-pratique, gardons en tête que plus une EFI se rapproche de 1 (ou 100%), valeur indépassable, plus la probabilité de l’évènement est forte. Plus le SOT est positif, plus sa virulence potentielle est importante.

À gauche, moyenne des EFI et des SOT entre samedi 23 et mercredi 27 mai inclus.
À droite, les valeurs de la climatologie de référence (M-Climate) au Q99.
© ECMWF
Même chose, zoomé.
© ECMWF

Sur ces 5 jours, la quasi-totalité du pays possède un EFI moyen compris entre 0.9 et 1, soit une forte probabilité.
La moitié ouest a des SOT moyens supérieurs à 1 et même à 2 sur la Bretagne et le Cotentin. Si les scénarios extrêmes se produisent, les records de température seront pulvérisés.


Les CDF : les fonctions de distribution cumulative

Si vous tenez le coup, les CDF devraient être plus simples à lire. Elles donnent une courbe des valeurs calculées par le modèle, ici des températures. Exemple avec La Rochelle, en Charente-Maritime [7] :

3 CDF à gacuhe : les précipitations sur 24h, en haut, le vent? maximal en 24h, au milieu, la température moyenne sur 24h, en bas.
3 EFI à droite pour ces 3 paramètres.
La couleur cyan concerne la simulation la plus ancienne, la couleur rouge est la plus récente.
© ECMWF

En noir est la climatologie M-Climate. Ici, la température la plus froide de la référence pour un 23 mai est sous les 10°C (tout en bas à gauche). La valeur la plus haute est de 25°C (tout en haut à droite). La médiane est aux alentours de 16°C.
Chaque courbe colorée représentent une simulation numérique réalisée par IFS?, le modèle de prévision d’ECMWF.
La simulation la plus ancienne, en cyan, était encore incertaine avec un panel allant de 16,5°C à 24°C pour la température moyenne [8]. La simulation la plus récente, en rouge, est plus verticale, entre 23,5 et 25°C.

Pour info, un 26 mai, la plus haute moyenne observée par la station Météo-France de La Rochelle-aéroport est de 23,6°C en 2017. La simulation est totalement au-dessus de cette valeur. Les 51 scénarios de l’ensemble IFS sont tous au-dessus de 25,5°C, jusqu’à un maximum de 28°C (en température moyenne !). Si cette prévision se réalise, le record serait battu de près de 2°C au mieux, de 4,5°C au pire !

À droite, les valeurs de l’EFI pour cette localisation sont affichées.

  • Autres villes : Agen
Même légende
© ECMWF

Depuis 1941, la température moyenne la plus haute mesurée pour un 26 mai est de 22,5°C en 2017.

  • Rennes :
Même légende
© ECMWF

Depuis 1925, la température moyenne la plus haute mesurée pour un 26 mai est de 22,3°C en 2017.

  • Orléans :
Même légende
© ECMWF

Depuis 1938, la température moyenne la plus haute mesurée pour un 26 mai est de 21,4°C en 2017.


Comment accéder à ces outils ?

Les points de rosée peuvent être lus sur Infoclimat :
 en carte 2D : https://www.infoclimat.fr/fr/cartes/observations-meteo/temps-reel/point_de_rosee/carte-interactive.html
 pour les stations : https://www.infoclimat.fr/observations-meteo/temps-reel/rennes-st-jacques/07130.html (pour les stations le fournissant).

Les cartes de EFI et SOT :
 https://charts.ecmwf.int/?facets=%7B%22Product%20type%22%3A%5B%22Extreme%20forecast%20index%22%5D%7D

Les CDF :
 https://charts.ecmwf.int/products/opencharts_efi-cdf-meteogram


[3la climatologie est ici relative pour deux raisons essentiellement. La première est qu’elle est calculée d’après des reforcasts permanents et non d’après les observations, la seconde est le lissage de la maille du modèle, environ 10 km2

[4la température moyenne est la température minimale à laquelle on ajoute la température maximale puis cette somme est divisée par deux : (Tmini + Tmaxi) / 2

[7la climatologie est ici relative pour deux raisons essentiellement. La première est qu’elle est calculée d’après des reforcasts permanents et non d’après les observations, la seconde est le lissage de la maille du modèle, environ 10 km2

[8la température moyenne est la température minimale à laquelle on ajoute la température maximale puis cette somme est divisée par deux : (Tmini + Tmaxi) / 2

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