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Vague de chaleur - canicule juin 2026 - Acte III scène 2

mardi 30 juin 2026, par sb

La dernière scène de cette pièce caniculaire s’écrit actuellement, avec les derniers mots (maux).
Voyons ensemble comment l’intrigue mène à ce dénouement puis ébauchons un scénario fortement plausible pour le reste de la semaine.

Une période chaude mais non caniculaire s’ouvre sur le pays. Seul le sud-est maintiendrait des températures encore élevées.
Avant cela, revenons sur la fin de cet intense épisode caniculaire sur la plupart des régions...

Les températures de l’après-midi ont baissé graduellement les 27 et 28 juin, depuis la Bretagne et les côtes de la Manche vers la Méditerranée. La situation se stabilise les 29 et 30 juin. Autour de la Grande bleue, les valeurs restent et resteront encore, trop élevées, atteignant les 38°C.
Les impacts de foudre permettent de suivre les trajectoires des orages.
Au fil des jours, ils régressent vers l’est et leurs trajectoires s’infléchissent de plus en plus, de presque sud > nord à ouest-sud-ouest > est-nord-est.

Les animations ci-dessus illustrent l’influence océanique majeure sur la fin de l’épisode. Seul le sud-est n’en bénéficie pas malgré des orages.
Les orages ayant besoin de chaleur pour se développer, leurs déplacements suggèrent le déplacement de la masse d’air la plus chaude en contact avec l’advection océanique humide [2].

Animation de l’analyse et de la prévision des Jets de hautes altitudes du 27 juin au 5 juillet 2026.
Le Jet? polaire est d’abord méridien puis zonal, s’abaisse un peu en latitude avant de remonter en s’approchant du week-end.
D’après les simulations du modèle européen IFS?, cycle 0z.
© ECMWF

Les 27 et 28 juin, la principale branche du Jet? est loin sur l’Atlantique, une branche secondaire est quasi méridienne (du sud vers le nord) en survolant la France.
Le 29 juin, le Jet de composante zonale (de l’ouest vers l’est) atteint la Bretagne et la Manche.
Le 30 juin, il prend même temporairement une orientation nord-ouest.
Ensuite, jusqu’au 5 juillet, il est prévu qu’il reprenne une composante zonale tout en s’affaiblissant. Dans ce cas, l’influence océanique ne se manifesterait que sur une partie nord du pays. Plus au sud, l’air subtropical dominerait à nouveau.


  • Samedi 27 juin
Jets et hauteurs du géopotentiel à 250 hPa (proche de la tropopause), selon l’analyse numérique du modèle européen IFS? du 27 juin à 0h TU. Les couleurs fournissent la vitesse du vent? : le jaune montre une vitesse plus faible que le violet.
Les annotations que j’ai ajoutées indiquent les principaux centres synoptiques : A pour hauts géopotentiels / anticyclones, D pour bas géopotentiels / dépressions, en rouge les advections chaudes, en bleu, les advections (relativement) froides.
© ECMWF

Un courant de sud-sud-ouest (SSW) chaud et humide affecte la France du côté de la façade atlantique. Plus dans l’intérieur du continent, les conditions restent anticycloniques.
Les orages peuvent ainsi éclore sur le golfe de Gascogne et notre nord-ouest. Les températures sont encore caniculaires sur la plupart des régions.
Le courant océanique est éloigné d’environ 1500 km.

  • Dimanche 28 juin
Le courant s’est rapproché de la France alors que le courant méridien issu du nord-ouest de l’Afrique s’étiole.
© ECMWF

Avec une advection subtropicale moins prononcée (elle vient de moins loin et est moins dynamique, le thalweg perd en amplitude), les orages trouvent encore du carburant mais ils sont généralement moins virulents que ceux de la veille. Ils gagnent un peu vers l’est et accompagnent la baisse des températures.

  • Lundi 29 juin
Le vent? et la hauteur du géopotentiel à 250 hPa, soit un niveau proche de la tropopause.
On peut suivre le sent du vent par les drapeaux : sa direction par du haut de la hampe, là où sont des « fanions » plus ou moins nombreux, vers la pointe de la hampe. Par exemple en mer d’Iroise, le vent vient du NNW (nord-nord-ouest).
© ECMWF

La nuit dernière, une ceinture de hautes pressions / hauts géopotentiels (A) s’étirait des USA à la moitié nord de l’Afrique et au Portugal. Une dorsale (A) s’élevait sur l’Europe centrale. Entre les deux, un thalweg (T) descendait de la Bretagne à l’Andalousie, piloté par une dépression / bas géopotentiels (D) entre le Groenland et l’Islande.

Les trajectoires des masses d’air nous impactant sont surajoutées par moi-même : en rouge, l’air chaud et humide est advectée sur les 2/3 sud-est de la France, générant des orages. En bleu, l’air océanique plus tempéré parvient sur le pays via la Bretagne, la Normandie et les Hauts de France, éloignant les températures caniculaires.

Les plages de couleurs indiquent la vitesse du Jet Stream, relativement fort sur l’océan. Une zone de divergence (DIV) en haute altitude est présente sur le nord de la France, en entrée droite? du Jet, boostant la convection profonde pour les développements orageux

Pour la mi-journée du lundi 29 juin.
© ECMWF

L’après-midi, les orages se sont dirigés vers l’Allemagne. Le courant océanique a progressé dans le pays, le courant de sud chaud ne concerne plus que les frontières de l’est, du Mercantour et des Cévennes aux Vosges. Les températures ont fortement baissé

  • Mardi 30 juin
Le Jet? polaire atteint le continent. Sur l’océan, l’anticyclone des Açores étend une dorsale vers les Pyrénées et tend à faire circuler les masses d’air autour de son centre : l’air chaud s’humidifie et se rafraîchit un peu en survolant les eaux de l’Atlantique.
© ECMWF

Le thalweg s’est considérablement réduit. Le vent? ne vient plus d’Afrique excepté près du golfe du Lion. Les températures baissent, les orages ne touchent plus que PACA et Corse, au sein de l’air encore très chaud.
Le dôme de chaleur s’est décalé désormais entre Grèce, Pologne et mer Noire.
Sur l’Atlantique, le Jet demeure véloce. Les masses d’air subtropical restent provisoirement au sud.

  • Mercredi 1er au dimanche 5 juillet
Pour la suite, le Jet? polaire décélérerait fortement tout en s’éloignant vers le nord.
© ECMWF

La tendance est au maintien de conditions chaudes non caniculaires sauf peut-être sur le sud-est. Peu de précipitations sont attendues, des nuages accompagnés de quelques averses et bruines sur le nord-ouest et/ou le nord mercredi / jeudi, des orages sur les principaux massifs, principalement le Jura, les Alpes et la Corse, secondairement le Massif central et les Pyrénées.

Les températures minimales tropicales (encore supérieures à 20°C en fin de nuit) subsisteraient sur le sud-est jusqu’au Lyonnais.
Ailleurs, elles baisseraient fortement, surtout au nord de la Loire, peut-être sous les 10°C par endroits. Elles remonteraient ensuite durant le week-end, depuis le sud-ouest puis sur la majorité des régions.

Les maximales seraient toujours au-dessus de la barre des 30°C près de la Grande bleue. Elles remonteraient assez rapidement ailleurs pour connaître un épisode chaud. Il y a encore de l’incertitude sur l’intensité du coup de chaud débutant durant cette fin de semaine. Celui-ci pourrait s’intensifier en début de semaine prochaine, cela reste à confirmer.

Mistral et Tramontane persisteraient jusqu’à vendredi, voire samedi avant de mollir franchement.