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Évolutions sur les moyen et long temes.
samedi 4 juillet 2026, par
Chaleur récurrente entrecoupée d’orages ?
Il s’agit du message quasi in-extenso que j’ai publié il y a moins d’une heure sur le forum d’Infoclimat.
Dans le bulletin précédent, j’évoquais l’intensité de la cellule de Hadley pour son influence sur la configuration actuelle.
Pour rappel :
Selon le modèle européen IFS
Les anomalies de la vélocité potentielle (différent de la vorticité potentielle souvent utilisée pour déterminer la tropopause dynamique et les forçages de hautes altitudes) fournissent un moyen d’estimer l’intensité de la cellule de Hadley. Son intérêt ici réside essentiellement autour du tropique météorologique estival, nord de l’Afrique / Méditerranée. Les anomalies positives indiquent une subsidence? supérieure à la climatologie de référence et inversement. Le vent? divergent complète et confirme ce diagnostic (convergence ou divergence en hautes altitudes).
En ce moment, cette subsidence est renforcée au niveau continentale (valeurs +) alors qu’elle est affaiblie sur l’Atlantique (valeurs -), ce qui correspond au schéma synoptique récurrent actuel. Dans un environnement subsident (valeurs +), les possibilités convectives sont amoindries (d’autres facteurs peuvent contrer cet effet, les échelles spatiales ne sont pas les mêmes !).
Il n’y a pas de lien automatique mais en saison estivale, avec des gradients généralement plus lâches, le lien basse fréquence (sur des périodes longues) entre VP200 et configuration synoptique est mieux établi.
Le dernier bulletin hebdomadaire du CPC sur l’évolution cyclonique suggère un lien entre intensification d’El Nino et évolution de la MJO, pas toujours phasées, pour expliquer la configuration actuelle des cellules de Hadley.
Il y a un lent décalage vers l’est.
Au 19 juillet, la configuration simulée trois des principaux modèles mondiaux (IFS? ENS, GEFS et GEM ENS) est semblable. L’anomalie reste positive mais s’affaiblit. Le desserrage de l’étau est lent et je ne suis pas très optimiste à long terme. Il est probable que un ou deux thalwegs remontent et nous servent quelques séquences orageuses mais sur le fond, la récurrence semble résister.
Donc pour la fin de ce topic, la chaleur garderait ses positions, avec quelques variations de son intensité et son étendue. Un des enjeux peut être de déterminer les possibilités orageuses.
En toute fin de topic, les ensembles IFS, AIFS, GEFS et GEM sont assez similaires, GEFS faisant exception. La moyenne à 700 hPa de la hauteur du géopotentiel, du vent et de la vorticité cyclonique suggèrent majoritairement cette évolution orageuse. Pour GEFS, c’est le cas aussi, avec un timing différent des trois autres.
– Une circulation de S à SW, au moins sur la moitié sud, advectant de la chaleur sous contexte anticyclonique en se dirigeant vers l’est
– Une circulation de SW sur le proche-Atlantique, advectant de l’humidité
– De la vorticité cyclonique (vu l’échéance, de faibles valeurs sont quand même significatives)
– Une diffluence et un divergence en haute altitude (non montrée)
– Un gradient plutôt mou (mais ça peut être dû au lissage de la moyenne).
Il s’agit ici de la moyenne de chaque ensemble considéré. Un ensemble est un faisceau de simulations partant des mêmes conditions initiales auxquelles on modifie légèrement certaines valeurs ou schéma. Ceci permet d’anticiper en partie la notion de chaos et les qualités des mesures.
En affinant grâce aux déterministes, les possibilités apparaissent consistantes. Timing et localisations varieront bien sûr, je reste sur des tendances.
En effet, il y a un élément perturbant : un possible carrefour entre plusieurs influences, dit autrement un col potentiel. Comme en montagne, un col est un lien multiple entre deux vallées et des sommets qui se rejoignent tous. Dans ce cas, les jeux sont très ouverts à échelle sous-synoptique.
L’humidité nécessaire aux orages est encore une variable à ajuster :
Quatre points pour évaluer les différences à une échelle spatiale réduite : dans le sud-ouest, le nord-ouest, le nord-est et enfin le sud-est
Les cylindres bleus montrent l’incertitude.
D’après les données d’IFS?, cycle 0z.
Globalement, la nébulosité est plus forte au nord qu’au sud. Le signal pluvieux est nul, il faut attendre le week-end pour un signal faible, suggérant des orages plutôt qu’une perturbation frontale.
L’incertitude sur les températures à 2m augmentent rapidement sur les trois-quart du pays dès mardi / mercredi et elle croît fortement surtout sur la moitié ouest. Sur le sud-est, le niveau reste constant et les incertitudes sont très réduites.
On a donc une configuration à grande échelle défavorable à la fois à une baisse de longue durée des températures et à des précipitations sous quelques formes que ce soit.
À échelles plus réduites, de multiples influences viennent brouiller le schéma d’ensemble.
Pour ma part, je suis peu enthousiaste sur la durée. Il me semble que la récurrence actuelle est installée : vague de chaleur suivie d’un épisode orageux et d’une baisse relative des températures avant la vague suivante.
Le sud-est est à l’écart, ce qui est malheureusement typique dans ce type de configuration. Seules les évolutions convectives diurnes plus marquées lorsqu’une petite anomalies transitent vers l’Italie ou l’Espagne peuvent apporter une bouffée d’oxygène, ce n’est pas gagné que de telles anomalies transitent aux bons endroits.
Un espoir peut venir de l’Amérique du nord, avec peut-être des BG plus actifs dans le cas où l’activité cyclonique se réveillerait sur le sud-ouest de l’Atlantique (vers les Caraïbes, la Floride, ...).