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Vague de chaleur - canicule juin 2026 - Acte II scène 4
mercredi 24 juin 2026, par
La scène 3 de l’acte II aurait dû être publiée hier mais suite à des coupures d’électricité et une disponibilité du coup réduite, cette scène n’existera pas. ;-)
Passons donc à la scène 4 !
Il fait très chaud et la chaleur va s’étendre encore un peu plus. Cela n’a échappé à personne et je ne vais pas m’attarder sur cette thématique. Soyons vigilants, envers nous-même et envers les autres, végétaux, animaux et donc nous autres humains, autant que possible.
Par rapport à la norme 1991-2020, déjà bien réchauffée par rapport aux précédentes, 2026 se caractérise une nouvelle fois par un encombrement de longues anomalies chaudes. S’il n’y avait pas eu une semaine froide début janvier, les périodes déficitaires se réduiraient à pas grand chose.
Hier et aujourd’hui à la station Météo-France de Bordeaux-Mérignac, les températures maximales enregistrées étaient respectivement de 42,5°C et 41,8°C, des records absolus pour cette station ouverte depuis 1920.
La courbe d’état, en rouge, est la courbe des températures mesurées durant l’ascension du ballon-sonde (les altitudes et niveaux de pression sont en ordonnées). Il n’y a pas de changements fondamentaux sur les deux jours : la courbe est en quasi ligne droite sous les 700 hPa / 3000 m environ. L’échauffement peut difficilement être pire dans ces conditions.
La courbe verte, celle du point de rosée, évolue : dans les 24h qui sépare les deux observations, le point de rosée (et donc l’humidité) augmente sous les 500 hPa et diminue au-dessus. Est-ce le début d’une advection plus humide ou une simple variation sans lendemain ?
La scène 1 de l’acte II fournit des détails sur d’autres éléments du radiosondage.
Hier, la France est essentiellement coiffée d’une masse d’air chaude et sèche (couleurs tirant vers les bruns). Seul le sud-est connaît des intrusions d’air plus humide en basses couches notamment (couleurs bleu-vert) depuis la Croatie et l’Italie et continuant sur les Pyrénées avant de s’incurver localement vers la Vendée. Sur ces secteurs, des orages éclatent.
Aujourd’hui, l’humidité a gagné du terrain, les orages, sur les mêmes secteurs, ont pris de l’ampleur.
La composante humide sur le pays s’est renforcée en 24h, apportant davantage de carburant aux orages, qui ont pu se développer plus facilement.
De plus, cela n’est pas anodin, la structure au large du Portugal s’est modifiée en 24h. C’est toujours une « goutte froide », c’est-à-dire une structure atmosphérique composée d’un air relativement plus froid en haute altitude par rapport aux régions adjacentes formant un creux de pression, avec une faible empreinte au sol (la pression atmosphérique varie peu en surface).
En rouge violacé apparaît son cœur relativement froid, restes stabilisés d’air subpolaire. Autour circule de l’air subtropical, plus humide sur ses quadrants est et nord.
Entre hier et aujourd’hui, l’axe de la goutte froide s’est déplacé :
– elle s’est rapprochée du Portugal, donc de la France ;
– de nord / sud, elle s’est orientée nord-ouest / sud-est.
Ce mouvement amorce le futur repli caniculaire sur la Bretagne et, probablement, la façade atlantique. La suite est encore lointaine et s’écrira dans le prochain acte III. Ne soyons pas trop pressés !
Un « ensemble » est un faisceau de simulations dans lequel une simulation est identique aux données assimilées en entrée (observations au sol et en mer, en altitude, données satellitaires, des sondes des avions, etc) et les autres s’écartent légèrement à l’initialisation afin de tenter de circonscrire l’imperfection des données (zones dépourvues de mesures, sensibilités des appareils de mesure, etc) et l’aspect chaotique de l’évolution de l’atmosphère (le fameux battement d’aile d’un papillon en Australie générant un cyclone tropical sur l’Atlantique).
IFS? calcule ainsi 51 simulations, une qui correspond aux données, 50 qui s’en écartent légèrement en suivant une méthodologie rigoureuse.
On obtient ainsi les 51 simulations individuelles mais aussi leur moyenne et leur écart-type (et d’autres produits statistiques et probabilistes).
IFS simule ainsi un retrait lent, progressif du dôme subtropical vers l’Europe centrale laissant une plus ou moins grande partie nord-ouest ou ouest du pays sous l’influence océanique.
Le modèle GEFS est également un ensemble composé de 30 + 1 simulations. Le courant resterait encore chaud samedi, en provenance des Canaries, avec toutefois un apport océanique honorable (suivre l’orientation des plages de couleurs). Les lignes blanches, indiquant la moyenne des pressions en surface serait légèrement dépressionnaire.
Cet apport humide dans un air chaud, avec un contexte plus dépressionnaire ou, à tout le moins, moins anticyclonique, serait un terreau favorable à des orages potentiellement violents.
Souvent abordé dans mes bulletins, le point de rosée est un marqueur pertinent pour estimer la possibilité d’orages dans un contexte d’altitude sinon favorable, au moins non inhibiteur.
20°C de point de rosée sont des valeurs hautes, traduisant, surtout par air chaud, une alimentation en vapeur d’eau importante. C’est pourquoi, la prévision s’oriente vers une dégradation orageuse durant le week-end, peut-être au-delà, au sein de l’air très chaud, et à l’avant de l’air océanique plus frais.
Les orages pourront être très pluvieux. Les caractères grêligène et/ou venteux? s’estimeront ultérieurement.
Note : quelques coquilles ont été corrigées après coup