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Observation satellite du 13 mai 2026

mercredi 13 mai 2026, par sb

Une circulation ondulatoire de grande longueur d’onde affecte actuellement notre quadrant euro-atlantique.
Elle alterne air subtropical et air subarctique, dorsales et thalwegs.
Le Jet? polaire suit ce mouvement ondulant (en blanc). Le Jet subtropical est plus rectiligne, du Maroc à la Turquie avant de s’incurver vers le sud-est au-dessus de l’Irak. De l’humidité en altitude provoque une traînée nuageuse glacée du sud du Maroc à la Grèce.
La glace et la neige sont particulièrement visibles sur ce traitement « cloud phases » d’Eumetsat : en bleu roi sur le Groenland, le nord de la Norvège et de la Finlande, la péninsule de Kola.
Les annotations sont de moi.
© Eumetsat pour l’image satellite

En noir profond, ce sont les mers et océans non survolés par des nuages ; en brun, ce sont les terres sans nuages, les déserts chauds apparaissent plus vifs, le sable en jaune intense. Glaces et neiges ressortent en bleu roi.
Les bords de l’image sont comme floutés. Cela est dû aux déformations sur le bord des capteurs du satellite, ici de la famille MTG (Meteosat Troisième Génération).

Les autres éléments sont donc des nuages. Celles et ceux qui ont l’habitude de me suivre connaissent désormais les grandes familles de couleurs sur ce type d’image : en jaune plus ou moins « sale », ce sont les nuages composés essentiellement d’eau liquide, généralement de basses altitudes. En bleu, ce sont des nuages composés d’eau sous forme solide, un bleu plus pâle tend à correspondre à des cristaux de taille plus petite, un bleu soutenu tend à correspondre à des cristaux de taille plus grosse. Les couleurs violacées indiquent un mélange d’eau liquide et d’eau solide au sein du nuage.
Lorsque les nuages sont fins, couramment ceux de la famille des cirrus, les nuages en-dessous se distinguent plus ou moins bien, tels au sud du Groenland et de l’Islande ou autour de la mer Blanche.

Les nuages étant constitués d’eau dans leur plus grande proportion, leur présence indique des zones humides dans l’atmosphère. Lorsque la masse nuageuse se révèle compacte et de plusieurs « couleurs », comme du sud de Terre-Neuve au sud de la mer du Labrador, il est hautement probable qu’une forte advection humide synoptique est en place. Leur courbure (concave ou convexe) indique l’orientation, sur cet exemple c’est du sud vers le nord.
Pour former des nuages, la vapeur d’eau, donc sous la phase gazeuse, a besoin de se condenser. Le plus souvent cela se produit de deux manières : soit par l’arrivée d’un air plus froid (pour une même parcelle de masse d’air, un air plus froid a une capacité à contenir une part de vapeur d’eau plus petite qu’un air plus chaud, l’excès se condense alors sous forme liquide ou se solidifie sous forme de glace), soit en survolant un environnement plus froid (en remontant vers le nord, les eaux de l’océan deviennent plus froides par exemple).

L’arrivée d’air plus froid forme une zone frontale, un front chaud ou un front froid, au sein desquels des mouvements ascendants opèrent, favorisant la condensation.
Ces mouvements ascendants sont une réponse pour tenter de rééquilibrer l’atmosphère perturbé autour de son point d’équilibre théorique. Dans un front chaud, l’air froid précède l’air chaud, c’est l’inverse dans un front froid.

Ces « rubans » nuageux matérialisent ainsi les interfaces entre masses d’air aux caractéristiques différentes. Ces interfaces sont souvent actives et génèrent des gradients importants. L’air se déplace de façon plus intense. La circulation synoptique devient visible, la trajectoire du Jet? stream (en blanc semi-transparent ci-dessus) ressortent et permettent d’anticiper ou de suggérer les évolutions du temps.

On voit que le nord-ouest de l’Europe est soumise à une masse d’air d’origine subarctique, que les averses sont nombreuses et actives (granulés bleutés de l’Écosse au nord de la France et à l’Allemagne).
Un temps froid à giboulées est largement prévisible pour les 24 à 36 prochaines heures au moins (A).

Le front vers Terre-Neuve entrevu précédemment illustre l’avancée d’une masse d’air froide relativement basse en latitude. Ordinairement, on la retrouve sur la mer du Labrador. Là aussi, on peut penser que cette « pression » dans la circulation d’ouest tempérée hémisphérique favorisera une inclinaison de l’air subtropical en aval (sur l’océan), l’affaissant vers le sud-est, tandis que cet air froid remontera dans une direction nord-est.

De l’autre côté, de par et d’autre du Caucase et sur le nord de la Turquie, les boules bleutées indiquent des cellules orageuses (cumulonimbus). Elles ont besoin d’un apport de chaleur et d’humidité et des ascendances? puissantes pour se développer. Ces mouvements ascendances sont aidés par les hauts reliefs de la région mais nécessitent tout de même une influence synoptique.
Cela se trahit également par les courbes de ces lignes orageuses. En y ajoutant les autres cellules plus dispersées au-dessus de la Russie d’Europe, une puissante advection subtropicale est à l’œuvre, évoquant un renforcement des positions subtropicales sur l’Europe orientale.

Cette situation, circulation ondulante sur l’océan, renforcement des conditions anticycloniques subtropicales dans l’intérieur lointain du continent, secteurs orageux, interfaces entre masses d’air, supporte le risque pour l’Europe occidentale d’être durablement (plusieurs jours au moins) influencée par des conditions dépressionnaires subarctiques radoucies : orages / averses / giboulées, températures sous les normes, localement des phénomènes venteux?. La prévision (A) possède de grandes chances de se poursuivre au-delà des 24-36h imaginées par une première lecture centrée sur l’Europe de l’ouest.

Eumetsat propose une interface pour visualiser certaines images satellites courantes :
[https://view.eumetsat.int/]

Le viewer propose une vue et des images par défaut. En bas, la ligne de temps permet de choisir l’affichage selon les jours, heures et minutes de son choix. L’image se met à jour automatiquement, pour l’empêcher, cliquer sur la double flèche à la droite immédiate de « UTC ». À droite, l’appareil photo permet de capturer l’image en cours.

Cliquer sur « 1 » pour ajouter des calques d’images, explorer les possibilités : MTG et MSG pour Meteosat seconde et troisième génération. Cliquer sur « 2 » « Add to map » pour ajouter un produit au viewer ; « Remove » pour l’enlever.
Le bouton I permet d’obtenir de l’information sur le produit (en anglais).

Cliquer sur « 3 » pour afficher ou pas (clic sur l’œil) un calque d’image ou modifier l’ordre des calques (au premier plan est le calque du haut). Les autres champs permettent de modifier les réglages par défaut.

De nombreuses autres interactions existent. Certaines nécessitent d’être enregistrés auprès d’Eumetsat. Cliquer sur Log in pour se connecter ou créer un compte et accepter les licences d’utilisation (de nombreuses données sont sous licences ouvertes).

N’hésitez pas à commenter ci-dessous, notamment si cet essai de vulgarisation est compréhensible, ce qui serait à améliorer / modifier, etc...

Note : j’ai modifié le titre de l’article le 15 mai de « Bulletin du 13 mai 2026 » à « Observation satellite du 13 mai 2026 ».

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