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Canicules 2026, ter
mercredi 8 juillet 2026, par
Encore une journée caniculaire associée à une humidité hétérogène : des régions sont particulièrement sèches, d’autres beaucoup moins. Malaises et inconforts, stress hydriques grandissent. Analyse de la configuration météorologique.
Mettons hardiment un « s » à canicules, nous ne sommes plus à une lettre près ! soupir
Je vais éviter d’énumérer la longue litanie des valeurs des thermomètres normés de ce jour. Nous dépassons une nouvelle fois dans l’allégresse les 40°C sur un tiers sud. Il faut se réfugier près de la Manche et de la Belgique pour profiter d’une relative fraîcheur. Bref, la carte parle d’elle-même :
Je me contenterai d’un petit point sur les points de rosée :
Les points de rosée (notées Td) sont directement liés à l’humidité contenue dans l’air, ici à 2 mètres, donc à hauteur d’homme à peu près.
Plus les Td sont hauts, plus l’air est humide, plus ils sont bas, plus l’air est sec. Plus précisément, plus les Td se rapprochent des températures (T), plus l’air est saturé en humidité.
Toutefois, cependant, 60% d’humidité relative à 0°C et 60% à 40°C ne provoque pas du tout le même ressenti. Au-delà de 20°C de Td, l’inconfort grandit rapidement.
Ces valeurs d’aujourd’hui révèle la direction du vent? sur chacune de nos régions. Ainsi, les régions sèches, en vert ; sont soumises à des vents principalement de terre et subsident (l’air descend vers la surface et se comprime : il s’échauffe davantage et s’assèche). Les régions humides subissent un vent océanique / marin. Les nuages bas d’ailleurs s’inviter
Habitant Aubagne et travaillant à Marseille, les deux villes étant distantes d’une quinzaine de km seulement, le gradient de Td était particulièrement resserré entre les deux stations : celle de Météo-France, à Aubagne, située en plaine alluviale dans l’intérieur et entourée de collines entre 400 et 1000 m ; celle d’Infoclimat, à Marseille-Corniche, sur le littoral.
À 20h36, Aubagne affichait 0,1°C de Td pour une maximale de 39,3°C, tandis que Marseille-Corniche mesurait 20°C de Td pour une maximale de 36,6°C, record absolu !
Ayant dû faire un tour vers le Vieux-Port en début d’après-midi, la sensation n’était pas du tout la même, c’était presque irrespirable. Ce soir, malgré 37°C à Aubagne, les tout juste 10 % d’humidité relative rendent l’atmosphère beaucoup plus respirable bien qu’incommodante.
Les masses d’air subtropical sont en couleurs brunes, verdâtres, bleutées selon l’humidité et l’altitude de celle-ci. Les masses d’air polaires sont en rouge-violet
Les rubans clairs indiquent les nuages épais, dont les sommets sont glacés. L’équateur météorologique active les cumulonimbus porteurs d’orages, en bas de l’image.
L’air subtropical chaud est de nature anticyclonique, donc subsident, renforçant la chaleur par compression et par l’absence de nuages laissant le rayonnement solaire arriver au sol au maximum [2].
Hauteurs du géopotentiel à 500 hPa ( 5600 m), en plages de couleurs et isohypses, et la direction du vent? à ce même niveau (plus la flèche est grasse, plus le vent est fort).
La configuration générale est classique :
– une masse d’air polaire s’est installée entre Groenland et Islande. Elle étire un thalweg vers les Açores.
– une seconde masse d’air polaire a pris ses quartiers sur les Pays baltes et pointe un thalweg en direction de la Turquie.
– entre les deux s’élève une masse d’air subtropical vers l’extrême nord-est de l’Atlantique.
En réduisant l’échelle à ce qui nous concerne plus directement aujourd’hui, nous avons :
– un courant de SW sur l’est de l’Atlantique / le proche-Atlantique, avec deux petits thalwegs, l’un au nord de Madère, le second sur les Cantabriques.
En se déplaçant sur le golfe de Gascogne, ce second thalweg nous gratifie d’un effet de foehn sur le sud-ouest. Lorsque l’air parvient au sommet en ayant condensé une grande partie de son humidité, il redescend les versants opposés. L’air se comprime, s’échauffe et s’assèche, renforçant les valeurs une fois en surface.
On note aussi une convergence avec le courant de NW sur les trois-quart est de la France. Dans un contexte subsident, la convergence en altitude accentue le phénomène de compression.
– un courant de NW donc sur la plupart des régions françaises.
Comme le montre la carte d’ARPEGE, ce vent de NW n’est pas froid du tout puisqu’il s’agit d’air chaud subtropical ayant remonté jusqu’à l’Angleterre avant de redescendre.
Ici aussi, l’effet de foehn joue à plein, avec l’air descendant du Massif central vers le Languedoc-Roussillon et la basse vallée du Rhône. On retrouve aussi une convergence, cette fois due aux reliefs : l’air venant du nord de la France se heurte aux Massif central et aux Alpes du nord. Il converge, s’échauffe et s’assèche encore un peu plus le long de la vallée du Rhône, donnant naissance au Mistral. De plus, le Mistral possédant une composante catabatique, c’est-à-dire sensible à la gravitation (l’air tend à se comprimer vers le sol sous son propre poids par la différence d’altitude entre le nord et le sud, effet visible surtout en hiver), pourrait apporter un léger surplus thermique.
PS :
Ils montrent une forte humidité en basses couches, rendant probablement la nuit éprouvante à de nombreuses personnes.
Ce devrait être encore le cas cette nuit et tôt demain matin.
[1] Voir le bulletin du 14 juin 2026 : https://meteole.eu/Vague-de-chaleur-canicule-juin-2026
[2] Voir le bulletin du 14 juin 2026 : https://meteole.eu/Vague-de-chaleur-canicule-juin-2026
