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Bulletin du dimanche 3 mai 2026

dimanche 3 mai 2026, par sb

Bulletin du 3 mai 2026

Observations

Températures maximales mesurées et points de rosée à 13h TU les 30 avril, 1er, 2 et 3 mai 2026.
© Infoclimat.fr

Les températures maximales et les points de rosée vers le plus chaud de la journée reflètent bien l’évolution de la configuration synoptique.
Au 30 avril, la chaleur pour la saison gagne l’ensemble du pays tandis que les points de rosée sont particulièrement bas sur un quart nord-nord-est et plus encore de la Tchéquie et de l’Autriche jusqu’aux Pays-Bas. À l’inverse, ces derniers sont élevés sur les trois-quart ouest-sud-ouest du pays.
L’influence subtropicale de l’Atlantique se fait donc sentir sur l’ouest du pays alors que le nord-est est encore soumis à une influence continentale apportant un air chaud mais très sec.

Progressivement, les maximales repartent sur une baisse relative par la Bretagne et le Cotentin, gagnant vers l’est du pays. Parallèlement, les points de rosée montent sensiblement sur l’est du pays et l’Europe centrale, emportant sur la Belgique et les Pays-Bas.
L’influence subtropicale océanique s’étend vers l’intérieur du continent, l’influence continentale régresse.

Sur la journée du 3 mai, dans la même dynamique, les maximales baissent plus fortement, marquant un ensoleillement déficitaire et des pluies/averses orageuses sur la plupart des régions. En outre, les points de rosée diminue à nouveau sur la Bretagne et le Cotentin, signe qu’en basses couches, l’influence océanique perd en composante subtropicale. Cela peut suggérer que le thalweg atlantique est arrivé sur ces régions et le vent? bascule à l’ouest ou au nord-ouest.

Cumuls des précipitations sur les 6 dernières heures d’après les données radar, activités électriques récentes.
© Infoclimat.fr

La trajectoire des précipitations illustre pleinement ce courant océanique subtropical à l’avant d’un thalweg peu mobile.

Configuration synoptique et évolutions

Imagerie satellite « Cloud Phase » à 12h Temps Universel.
Ajout des données d’analyse de GFS cycle 12z en moyenne troposhère.
© EUMETSAT, © NCEP

Trois éléments se distinguent :

  • Sur l’Europe centrale et orientale, le cœur anticyclonique de l’oméga Ω décrit dans le précédent bulletin s’éloigne lentement vers la mer Noire.
  • Son pied « gauche / amont », autrement dit le thalweg atlantique, progresse tout aussi lentement et s’étire des îles britanniques à Madère.
  • Enfin, une vaste cellule de hauts géopotentiels au milieu de l’océan dévie la circulation atmosphérique tempérée vers le Groenland d’une part, et vers l’archipel du Cap-Vert d’autre part.

Entre ce pied amont et l’axe de l’Ω, apportant une masse d’air issue de la région des Açores vers l’Espagne, puis la France pour finir sur la mer Baltique. Dans ce courant, l’apport d’air doux et d’humidité est efficace. La vorticité est également advectée, l’analyse numérique la montre sur deux zones : la première des Pyrénées et la mer du Nord, plus ou moins diffuse, la seconde, plus compacte des côtes espagnoles à celles algériennes. Ces secteurs sont grosso modo surmontés de divergences en haute troposphère. De plus, en regardant les flags du vent, la Méditerranée occidentale tend à être en sortie gauche du Jet? subtropical.

L’imagerie « Cloud Phase » montre bien les nombreuses cellules orageuses (couleur bleue diffuse) tant sur la France et le Bénélux que sur l’est de l’Espagne et la Méditerranée.

Le thalweg s’affaisserait encore un peu vers le sud, redressant légèrement le courant à l’avant, sur le golfe du Lion notamment. Les secteurs de vorticité actives remonteront sur notre sud-est, en même temps que la sortie gauche du Jet.
Sur l’océan, le ciel de traîne est peu prononcé (couleurs jaune et violette pour des nuages d’eau liquide ou mixte liquide-glace donc s’élevant relativement peu en altitude).

Imagerie satellite « Visible » à la mi-journée (12h TU) et données d’analyses de GFS 12z en basses couches.
Les plages couleurs représentent les vitesses verticales à l’étage moyen (500 hPa), en bleu les plus intenses.
© Eumetsat, © NCEP

Les éléments d’altitude se retrouvent en basses couches, notamment l’anticyclone des Açores et le thalweg en entrée de Manche. Les plus fortes zones d’ascendances? se calquent sur celles de vorticité et de divergence.
Par ailleurs, la convergence synoptique entre la chaleur saharienne (flag sur l’Algérie) et l’humidité océanique (flag au large de Gibraltar et sur la mer d’Alboran) alimentent aisément les convections sur le sud-ouest du bassin méditerranéen. Il y a donc de quoi nourrir orages et pluies sur le Languedoc et la Provence.

Enfin, la lente avancée du thalweg réduirait les advections méditerranéennes en perdant progressivement, sur le bassin, la composante méridienne du vent au profit de celle zonale. En revanche, sur le reste du pays, le temps maussade perdurerait davantage.

La quantité d’eau disponible pour des précipitations évolue au fil des jours.
© Infoclimat.fr, © NCEP

À plus long terme, la PWAT fournit un résumé intéressant : le thalweg s’évacue lentement de l’Europe occidentale en même temps que les valeurs de la PWAT diminue.
En seconde moitié de semaine, une puissante advection subtropicale se mettrait en place le long des côtes nord-américaines puis l’ouest de l’Atlantique, la vigueur de l’élévation de la PWAT en témoigne.
Comme, dans le même temps, elle s’élève aussi sur l’Europe pour le week-end, indiquant un nouveau thalweg sur l’ouest de l’océan, les deux peuvent se renforcer : l’apport plus franc d’air polaire en amont du thalweg le rendrait plus incisif avec des orages potentiellement forts.
L’échéance lointaine recommande la prudence sur la prévision, gardons en tête un risque de dégradation orageuse durable autour du week-end prochain (8-10 mai).

Cumuls des précipitations à H+96 (jeudi 7 mi-journée) et H+168 (dimanche 10 mi-journée) selon IFS? dans son cycle 12z.
© ECMWF

Le modèle européen IFS? montre lui-aussi cette option, avec d’importantes précipitations simulées entre jeudi et dimanche. Les hautes valeurs sur le sud-est indiquent aussi, dans cette simulation, un fort courant méridien, donc de fortes advections et un gradient thermique possiblement resserré.

Prévisions

  • Lundi 4 mai

Par rapport au bulletin de jeudi dernier, les grandes lignes n’ont pas changé. De fortes pluies sur le sud, orageuses notamment sur le sud-est, plus ponctuelles sur le sud-ouest.

Température et point de rosée à 2 mètres pour lundi au lever du jour, selon AROME 15z.
© Meteologix, © Météo-France

Comme vu ci-dessus, la traîne est peu active et peu d’éléments susceptibles de l’activer ne sont présents. En conséquence, des températures plus basses à l’arrière du thalweg associées à des points de rosée encore élevées indiquent une inhibition de la convection au profit de nuages bas, voire de brouillards (différence nulle entre température et point de rosée), de la frange atlantique à la Bretagne et aux Hauts de France.

Le reste du pays garde l’influence aval du thalweg : nuages nombreux, averses fréquentes parfois orageuses dans une relative douceur.

L’analyse numérique plus haut pour l’étage moyen observait que la réserve de vorticité était peu abondante au sud du Portugal et le gradient des isohypses restait au mieux modérés. Il est donc probable que l’activité orageuse sur le sud-est soit présente en cours de nuit et matinée puis se décale vers l’Italie et la Corse ensuite. Ainsi, les averses orageuses laisseraient place progressivement à des pluies stratiformes, localement convectives. En effet, le Marin se maintient, apportant l’humidité nécessaire en basses couches.

Les températures en journée avoisineraient les 15 à 20°C en général.

  • Mardi 5 mai

Le thalweg d’altitude descendrait un peu plus sud et les gradients auraient tendance à se relâcher un peu. L’environnement d’altitude conserverait son cyclonisme.

Prévision de surface par le Met’Office britannique pour mardi en début d’après-midi.
© UK Met’Office

En surface, plusieurs lignes frontales seraient associées à une dépression sur le nord de la France. La composition est relativement stable si bien qu’un temps maussade est prévisible.

Un premier axe concernerait les régions de la Bretagne à l’Île de France et à la Belgique, des coups de tonnerre ne sont pas exclus. Un second axe apporterait encore des pluies et des orages sur a façade est, PACA et Corse inclus.
En marge, des averses fréquentes balayeraient le sud-ouest, les Pyrénées et le Massif central.

Le Marin mollirait en Méditerranée. Un peu de vent de nord se lèverait sur les côtes normandes et du Pas de Calais.

Les minimales changeraient peu, de 8 à 12°C en général. Les maximales varieraient entre 12 et 15°C sur le nord-ouest, 18 à 20°C localement un peu plus sur le sud-est, entre 14 et 18°C ailleurs.

  • Mercredi 6 mai
Les pluies se décalent lentement vers l’Europe du nord et sud sud-est, modèle IFS? 12z.
© ECMWF

L’axe du thalweg d’altitude passerait le centre de la France. Les pluies, parfois orageuses, diminueraient et ne concerneraient plus que la frange est du pays. Elles impacteraient les pays plus au nord mais un retour d’est peut aussi exposer les régions au nord de la Seine à des pluies faibles voire modérées. À l’inverse, le massif alpin bloquerait les pluies sur l’Italie et la Croatie notamment, où les cumuls pourront être importants. De l’autre côté, l’Autriche et le sud de l’Allemagne bénéficieraient d’un temps plus agréable grâce au foehn.
Des averses seront encore possibles sur notre sud-ouest.

Des valeurs de 8 à 12°C semblent anticipables pour les minimales. En journée, le vent faible au nord ou nord-est accompagné de beaucoup d’humidité laisserait des températures fraîches au nord de la Seine et sur un large quart nord-est, excepté l’Alsace qui pourrait bénéficier du foehn alpin / du Jura. Sur ces régions, les 15°C ne seront peut-être pas atteints. Ailleurs, des températures de 13 à 18°C, localement 20°C sont prévues.

  • Jeudi 7 mai
Une petite dorsale permettrait un temps plus calme, d’après IFS? 12z.
© ECMWF

Une petite dorsale concernerait la France, apportant une accalmie. Quelques averses résiduelles seraient encore possibles mais ce serait un temps calme avec nuages plus ou moins nombreux et éclaircies.

Peu de vent en toutes régions, celui-ci s’orienterait en cours de journée ou nuit suivante au suroît sur la Bretagne pour les prémices du thalweg suivant.

Avec un temps plus calme et une masse d’air assez fraîche, il est probable que les minimales baissent un peu, souvent sous les 10°C, entre 5 et 10°C. À l’inverse, avec un meilleur ensoleillement, les maximales devraient gagner quelques degrés par rapport à la veille.

  • Vendredi 8 à dimanche 10 mai
Spaghetti de l’ensemble GEFS 12z sur la hauteur du géopotentiel pour vendredi et samedi à la mi-journée. La dispersion des simulations est manifeste.
© NCEP

Vendredi, le thalweg s’axerait une nouvelle fois de l’Irlande à Madère. Sur la France, l’incertitude réside essentiellement sur la courbure de l’écoulement de SW. Comme visible sur les spaghetti, elle pourrait être cyclonique ou anticyclonique.
Samedi, le thalweg aborderait notre nord-ouest mais avec de nombreuses interrogations sur son positionnement, celles-ci se augmentent pour dimanche.

Toutefois, on peut anticiper la poursuite du réchauffement vendredi vers des valeurs de 20 à 25°C, l’arrivée éventuellement précoce du thalweg pouvant les moduler à la baisse sur le nord-ouest. Le temps se dégraderait en cours de journée par la Bretagne puis sur une partie ouest plus ou moins du pays.

Samedi, les températures demeureraient excédentaires sur l’est alors qu’à l’ouest, sous la perturbation, elles perdraient quelques degrés. L’aspect orageux peut être marqué.

Dimanche, selon l’avancée du thalweg, les températures continueraient de baisser par le nord-ouest. Pluies et orages pourraient être généralisés au pays, sud-est compris.

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