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ECMWF : Nouveautés en données ouvertes (10.2026)
dimanche 25 octobre 2026, par
- Historique non exhaustif et subjectif
ECMWF, European Centre for Medium-Range Weather Forecasts, en français Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CPMMT), est une organisation regroupant plus d’une vingtaine de pays avec une douzaine de pays supplémentaires qui y sont associés sans être (encore) membres de fait. Le centre existe officiellement depuis 1975.
C’est un centre majeur dans l’environnement météorologique mondial, déjà au sein de l’organisation météorologique mondiale (WMO, un organe de l’ONU), et dans le développement des modèles numériques de prévisions du temps (incluant des domaines de recherches variés : physique, modélisation, informatique, ...), la diffusion des données, les liens avec un grand nombre d’universités et d’instituts de recherche pour les échanges et les expérimentations des chercheurs grâce aux fortes infrastructures mutualisées. Il est partenaire d’autres organisations continentales comme l’ESA ou EUMETSAT et rentre dans le cadre de l’UE. Il fournit aussi des données essentielles aux missions du programme Copernicus qui utilise une partie de son infrastructure et qui lui délègue une partie des diffusions des produits.
Durant des décennies, ECMWF fut pingre dans la diffusion des données, essentiellement réservée aux instituts nationaux tels Météo-France puis à quelques entreprises privées à raison de conventions commerciales pas si lucratives.
Les données accessibles publiquement et gratuitement étaient limitées à celles-ci, pour répondre à une recommandation de la WMO. Plus récemment vint le passage à la licence CC-BY 4.0 sans ajout de données.
Bien sûr, une licence ouverte n’a jamais impliquée la gratuité. Et réciproquement, un produit gratuit n’implique pas que sa licence soit ouverte (ni libre d’ailleurs). Les données d’ECMWF n’étaient pas accessibles aux petites structures (entreprises, associations, groupements amateurs...) en raison des prix de licences et de mises à disposition élevés. Les structures de tutelle des chercheurs devaient conclure des accords. Pourtant, les produits étaient et sont réputés pour leur qualité.
À l’instar de Météo-France, ECMWF a mis du temps à desserrer l’étau malgré l’adoption d’une directive européenne sur la libéralisation des données (à double tranchant, cela dit [note tout à fait personnelle]).
Le modèle conçu et développé par ECMWF, associé avec Météo-France, est IFS?, Integrated Forecast System, couplant l’océan, l’atmosphère, la glace et les terres. Le modèle est régulièrement en tête dans différents scores de vérifications [3].
Outre-atlantique, le NCEP diffuse largement ses modèles et leurs sorties opérationnelles, GFS en tête, depuis le début des années 2000 (je n’ai plus les dates en tête mais je consultais ce modèle à cette période, à peu près le seul disponible aisément). Les organismes nationaux européens furent plus timorés.
De mémoire (et ça vaut donc ce que ça peut valoir...), c’est l’Allemagne via le DWD l’équivalent de Météo-France, parmi nos proches voisins, qui a placé en premier sous licence ouverte, son modèle et ses sorties numériques. Le DWD diffuse régulièrement de nouvelles données brutes, post-traitées, dérivées, à plus-values.
Durant des années, l’institut météorologique d’Islande diffusait publiquement un grand nombre de produits élaborés par leur soin utilisant les données d’IFS ce qui a permis un accès « sous le manteau » à un grand nombre d’amateurs et de petites structures.
Sous l’ère de Florence Rabier, ECMWF avança pas à pas, en introduisant plus franchement OpenIFS dédié à la recherche académique par exemple, ou, sur un autre plan, en simplifiant le système de licences puis en diminuant les tarifs. Vers la fin de son mandat, l’open data s’accéléra sous la pression de l’UE et des entreprises privées de tous les horizons, potentiellement friandes des données produites.
L’arrivée en janvier 2026 de Florian Pappenberger, anciennement directeur des prévisions puis directeur général adjoint d’ECMWF, semble avoir accéléré la transition, avec une mise progressive sous licence ouverte d’un réseau de données plus large et un accès revu, simplifié et financièrement plus abordable.
C’est dans cette dynamique qu’une nouvelle étape fut franchie ce 20 octobre.
- Les données d’ECMWF en open data
Depuis le 20 octobre 2026, une version à résolution fine, proche de la résolution spectrale native, est disponible sous les termes de la licence générale d’ECMWF. Interpolés sur une grille régulière latitude-longitude, un grand nombre de paramètres météorologiques de surface et d’altitudes et de produits statistiques sont disponibles avec une résolution horizontale de 0.1° par 0.1° en plus de la version plus grossière de 0.25° par 0.25°. La version « WMO » existe toujours avec sa résolution à 0.5° par 0.5°.
La précision de codage des paramètres dépend désormais de l’intérêt de chacun d’entre eux, afin de produire des fichiers moins volumineux. Ainsi, la précision varie entre 7 et 16 bits par valeur.
C’est un moyen intéressant de limiter les bandes passantes et les stockages nécessaires. En effet, certains paramètres n’ont pas un grand intérêt opérationnel à longue échéance, tels la température et l’humidité à 2 mètres car ceux-ci sont trop volatiles. En revanche, d’autres, comme la divergence, la hauteur du géopotentiel, les vitesses verticales, ont un impact direct sur l’évolution de l’atmosphère à court, moyen et long termes. S’ils sont insuffisamment précis, un biais systémique peut en résulter générant des erreurs potentielles de prévisions.
À noter aussi que les paramètres dits de surface et ceux dits d’altitude sont séparés en deux fichiers GRIB2 [4] distincts pour la version à 0.1°.
Un différé de deux heures est appliqué après la diffusion de la version à 0.25°.
Une résolution plus fine fournit des fichiers plus volumineux, demandant plus de stockages, plus long à télécharger. Ils demandent aussi des ressources supérieures pour les analyser, décompresser, traiter les données contenues. En revanche, ils autorisent une meilleure détection et un meilleur suivi dans les échéances des phénomènes météorologiques de petites échelles.
– https://www.ecmwf.int/en/forecasts/datasets/open-data
– https://data.ecmwf.int/forecasts/
– https://pypi.org/project/ecmwf-opendata/
– https://github.com/ecmwf/ecmwf-api-client
Note : les fichiers ne sont plus disponibles par FTP public.
– https://www.ecmwf.int/en/forecasts/datasets/catalogue-ecmwf-real-time-products
– https://apps.ecmwf.int/archive-catalogue/
[2] Format ouvert et normé de fichiers pour l’échange de données binaires de prévision en météo
[4] Format ouvert et normé de fichiers pour l’échange de données binaires de prévision en météo