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Hausse, baisse et pluies... 2
jeudi 15 octobre 2026, par
Dans l’article d’hier, je décrivais la configuration prévue dans ses grandes lignes. Aucun bouleversement n’est intervenu aujourd’hui, au contraire, la prévision se solidifie.
Je montrais les températures moyennes de la masse d’air : de douces, elles chutaient pour être possiblement sous les normes, surtout à l’ouest.
Quant à l’humidité, celle issue de l’océan s’éloigne à grande vitesse vers l’Arctique et le nord-ouest russe. Cette advection puissamment humide s’articule au sein d’une advection très douce. La vapeur d’eau en se condensant en nuages amplifiera la grande douceur de part et d’autre du cercle polaire.
En effet, lorsque la surface des mers et océans s’évapore, par exemple dans les régions tropicales du golfe du Mexique, des mers des Caraïbes et des Sargasses, la parcelle d’air absorbe de la chaleur (dit autrement, pour réaliser la transition de phase de liquide à gazeux, l’eau a besoin d’énergie qu’elle va puiser dans son environnement immédiat ; la température de l’environnement voit alors sa température décroître). Cette transformation est dite endothermique.
À l’inverse, lors de la condensation, la transition de phase est exothermique : elle rend l’énergie à l’environnement qui sa température croître.
Le transport humide est intense depuis le golfe du Mexique et la mer des Sargasses vers l’Arctique européen, associé à un Jet? stream puissant, de l’ordre de 300 à 350 km/h. Cette humidité redescendra sur le nord-est de l’Europe puis l’Oural jusqu’aux portes de la Mongolie où les précipitations seront abondantes.
Cet afflux d’air chaud et humide dans les latitudes nordiques renforcent les hauts géopotentiels / hautes pressions sur le nord de l’Europe. Ces hautes pressions isolent le thalweg en goutte froide, structure atmosphérique stable, capable de donner une météo très perturbée.
À échelle plus petite, l’humidité méditerranéenne remonte sur le pays, via la vallée du Rhône, sur une partie substantielle du pays.
Sur les températures, la moitié ouest du pays est enclin à connaître un épisode inhabituel de fraîcheur. La moitié est resterait proche des normes, voire légèrement au-dessus. On remarque aussi que l’anormalité de la douceur précédent cet épisode est plus forte que le froid éventuel.
Pour résumé, l’EFI indique les possibilités d’un évènement extrême dans la climatologie de référence au jour considéré. Pour les températures, des valeurs négatives indiquent un risque d’évènement nettement plus froid que les normes. Des valeurs positives fournissent le risque d’un évènement nettement plus chaud que d’ordinaire.
Les valeurs sous -0.5 ou sur +0.5 comment à être inhabituel pour la saison. Entre ±0.7 et ±0.9, c’est remarquable. Au-delà de ±0.9 et a fortiori en se rapprochant de ±1, le potentiel est historique.
À droite, les températures moyennes quotidiennes de la climatologie de référence (ici M-Climate).
Plus l’EFI atteint des valeurs proches de ±1, plus les températures attendues risquent d’être éloignées de la climatologie (vers le froid, couleurs vertes à magenta, vers le chaud, de jaune à rouge).
On arrive progressivement aux incertitudes pour des échelles plus petites.
Les échéances approchent, elles sont néanmoins encore relativement lointaines.
Le placement de la bulle froide décrit hier demeure imprécis. Plus à l’est, la fraîcheur sera plus étendue et probablement plus forte mais les pluies plus rares et moins fortes.
Plus à l’ouest, la douceur sera plus étendue et les pluies plus fréquentes et étendues.
Seul le sud-est à presque assuré de connaître un fort épisode pluvieux ou pluvio-orageux, en plusieurs salves. Son intensité et la localisation des maxima sont encore à définir. Il y aura des heureux et d’autres qui tireront encore la langue...
Cette fois, un tiers sud-est est favorisé, les autres régions seraient moins exposées.
Les simulations restent cependant volatiles en raison du placement de la goutte froide.
À plus long terme, sur la dernière semaine d’octobre, l’eau disponible dans l’atmosphère tend à être excédentaire mais les pressions encore trop élevées limiteraient sa transformation en pluies. Il s’agit ici d’une tendance à confirmer.